Comment évaluer sa santé avec la mesure de la variabilité cardiaque

Comment évaluer sa santé avec la mesure de la variabilité cardiaque

Lorsque vous décidez d’améliorer votre santé il peut être difficile d’évaluer l’impact réel des changements d’habitudes sur le corps. Vous pouvez bien sur  faire des bilans médicaux qui sont de plus en plus précis et spécialisés. C’est très bien, malheureusement ces examens ne sont souvent pas remboursés et coutent très chères.  Alimentation, sport, sommeil, jeun, stresse chronique influencent directement votre santé et déterminent votre vitesse de vieillissement. L’âge civil ne reflète pas l’âge réel biologique. Alors comment savoir ou vous en êtes ? y a t’il un moyen simple, rapide, efficace et peu couteux d’évaluer son état de santé ? Oui ! grâce à la mesure de la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC) ou heart rate variability pour les anglophones.

Marqueur fiable et très étudié en médecine (plusieurs milliers d’études) la VFC est  également largement utilisée dans le milieu du sport. Elle permet aux sportifs d’évaluer l’état de leurs récupérations afin de monitorer la charge d’entrainement. Aujourd’hui grâce à des outils simples et peu chers la VFC n’est plus seulement réservée qu’a une élite sportive ou scientifique et n’importe qui peut l’utiliser pour évaluer sa vitalité.

Qu’est ce que la variabilité de la fréquence cardiaque ?

 

Dit simplement la variabilité de la fréquence cardiaque c’est l’intervalle de temps entre deux battements de cœur. Lorsque vous mesurez la fréquence cardiaque vous mesurez en réalité la moyenne des battements sur une minute. Par exemple un cœur à 60 pulsations / minutes indique un rythme d’une pulsation par seconde en moyenne. Mais cela ne reste qu’une moyenne puisque en réalité votre cœur ne bat jamais à la même allure et cela fluctue entre les micro-secondes (ms). Le temps entre chaque battement de cœur est appelé intervalle R-R.

Cela va peut être vous semblez bizarre mais plus la variabilité de la fréquence cardiaque au repos est élevé plus cela indique une bonne santé et un haut niveau de vitalité.  C’est le signe que votre système nerveux s’adapte rapidement à votre environnement.

Plusieurs variables dérivées de l’intervalle R-R sont calculées :

  • RMSSD : moyenne quadratique des intervalles R-R successifs
  • inRMSSD : log de RMSSD
  • SDNN : écart type de l’intervalle R-R sur la durée d’enregistrement

Les études montrent que la variable la plus fiable et précise qui reflète le plus l’activité du système nerveux parasympathique est RMSSD et inRMSSD.

 

La VFC reflet du système nerveux

 

C’est le système nerveux autonome et endocrinien (=hormonale) qui vont ensemble réguler les fonctions inconscientes du corps : température corporelle, battement de cœur, pression sanguine, digestion, péristaltisme etc. Le système nerveux autonome est divisé en deux branches : le parasympathique qui est le système nerveux de la récupération, de la détente et de la digestion et qui dépend du nerf vague et le système nerveux sympathique qui va permettre au corps de s’adapter face au stresse. Le parasympathique va ralentir le rythme cardiaque et augmenter la VFC tandis que le sympathique va accélérer le rythme cardiaque et diminuer la VFC. Une VFC diminué au repos indique donc une sur-activation du système nerveux sympathique et donc un état de stresse et de fatigue.

La respiration influence directement les deux systèmes nerveux. Lorsque l’on inspire c’est le sympathique qui s’active (le coeur accélère) alors que l’expiration active le parasympathique qui diminue le rythme cardiaque. C’est d’ailleurs sur ce principe que s’appuient les exercices de cohérence cardiaque qui ont pour objectif de rééduquer l’équilibre nerveux (notamment le nerf vague) et d’augmenter l’amplitude cardiaque.

 

Comment mesurer la VFC ?

 

Avant la mesure de la VFC n’était disponible qu’en milieu médicale avec des ECG. Heureusement pour nous il est maintenant possible d’utiliser des outils peu couteux comme une ceinture cardiofréquencemètre (polar H10 ~ 75€) ou certains capteurs de pouls spécialement conçu pour la VFC (coresens ~ 140€) couplé à une application mobile gratuite. Personnellement je vous recommande la ceinture cardio fréquencemètre polar H10 car elle est précise, détecte facilement le pouls et vous pouvez l’utiliser pour le sport. Sachez qu’en matière de précision cela équivaut à +-1% à un ECG… donc très précis. Pour l’application mobile la référence c’est EliteHRV que je vous présente plus loin dans l’article.

L’objectif est d’avoir une mesure quotidienne (ou environ 4 fois semaines) afin d’avoir sa propre moyenne et de pouvoir mesurer l’évolution dans le temps. Voici quelques règles importantes à respecter pour mesurer sa VFC :

  • Prendre une lecture de deux minutes chaque matin à peu près à la même heure.
  • Dans la même position (allongé, assis dos droit ou debout). Je vous recommande la position assise.
  • Respirer normalement sans chercher à faire des respirations profondes.

 

Présentation de l’application EliteHRV

 

Cette application va vous permettre de mesurer votre VFC chaque matin et vous donner un score de bien être compris entre 1 et 100 calculé en fonction des différentes variables dérivées des intervalles R-R. Ce score permet de simplifier la lecture pour un utilisateur lambda. L’application va vous proposer de mesurer votre VFC chaque matin pendant une semaine (si possible non stressante et normale) pour que l’application calcule votre moyenne personnel en situation normale.

Voici un exemple de moi même qui indique un score HRV de 71 et un rythme cardiaque de 47 pulsations minutes avec une balance qui penche du côté parasympathique. Par rapport à ma moyenne (aux alentours de 70) cela veut dire que mon corps et reposé et prêt à encaisser un stresse plus important (entrainement sportif par exemple).

 

 

 

 

 

 

Pour les plus minutieux d’entre nous l’application permet la lecture des différentes variables dérivées de l’intervalle R-R. Dans les études c’est la variable rMSSD qui est la plus utilisée.

.

 

 

 

Le graphique de votre rythme cardiaque et VFC s’affiche instantanément pendant la lecture. Il est aussi possible de le visualiser après la lecture pour une analyse plus approfondie.

 

 

 

 

 

 

Vous pouvez bien surs effectuer des lectures à n’importe quel moment de la journée. EliteHRV propose aussi des exercices de cohérence cardiaque avec lecture instantanée de votre VFC ce qui permet un feedback en direct.

Sachez que l’application mesure aussi le domaine fréquentiel cet à dire les ondes LF (sympathique) et HF (parasympathique) et le ratio LF/HF. Je n’en parle volontairement pas dans cet article car ces variables sont controversées dans les études. Ce qui n’est pas le cas pour les autres variables évoquées.

L’application dispose aussi d’une base de données de plusieurs milliers d’utilisateurs classés par âges et permettant de comparer les différents marqueurs (score HRV, rMSSD etc..) par rapport à la population de votre âge de manière à savoir ou vous vous situez… Mais gardez à l’esprit que le plus important n’est pas de se comparer aux autres mais

 

Qu’elle sont les facteurs qui influencent la VFC ?

 

a) Il y a les facteurs (malheureusement) indépendants de notre volonté :

  • L’âge : de manière irrémédiable et avec le vieillissement des organes (notamment système nerveux et des glandes endocrines) la VFC diminue avec l’âge. C’est par ce biais que la VFC vous donnes une idée de votre véritable âge biologique..
  • La génétique…

b) Les facteurs qui diminuent la VFC :

Les études montrent que certaines situations pathologiques diminuent l’amplitude cardiaque :

  • les maladies cardio-vasculaires
  • l’hypothyroidie
  • la dépression
  • les cancers
  • maladies inflammatoires (maladies auto-immunes)
  • stresse
  • dysbiose (avec bactéries et virus qui agressent les nerfs, les muqueuses..)
  • mauvaise hygiène de vie (junk food, alcool, tabac, manque de sommeil, mauvaise respiration etc)
  • épuisement (exemple : sur-entraînement sans récupération suffisante)

Toute VFC qui diminue (par rapport à sa moyenne dans un état de santé correcte et celle de sa tranche d’âge) sans remonter et sans explication (stresse intense ? sport ? choc émotionnel ?) doit faire l’objet d’une investigation plus approfondie.

C) Les facteurs qui augmentent la VFC :

La mesure de la VFC va permettre de mesurer l’impact de vos changements d’habitude à long terme. Voici donc une liste (non exhaustif) de ce qui augmente positivement la VFC :

  • le sport (à bonne dose) surtout les efforts d’endurances.
  • la cohérence cardiaque pratiquée quotidiennement (méthode 365 : 3 fois/ jours , 6 respirations / min, pendant 5 minutes)
  • un sommeil qualitatif et quantitatif
  • une bonne alimentation
  • la douche froide
  • le jeun intermittent

J’ai moi même pu constater (mesure à l’appui) que tous ces facteurs améliorent l’amplitude cardiaque. C’est personnellement ce que je trouve passionnant avec la VFC. Au delà du faites qu’elle nous indique notre état interne la VFC est un véritable outil de recherche nous permettant de tester les effets de tel ou tel type de régime, activité, méthode etc…

Noté aussi qu’une VFC qui augmente anormalement n’est pas toujours bon signe. Cela peut aussi dénoter un état de stresse interne.

 

Qu’est ce qu’une VFC normale ?

 

Encore une fois il ne faut pas faire l’erreur de vouloir absolument se comparer aux autres. Ce qui importe c’est votre moyenne et sa fluctuation dans le temps. Mais si vous souhaitez avoir une idée des normes en fonction de votre âge et de votre sexe je vous propose les résultats de deux études.

Tout d’abord voici un tableau des données récoltées par EliteHRV sur 10 308 utilisateurs classé par âges et par sexe. Comme vous allez le constater la VFC diminue progressivement avec l’âge. Remarquer aussi que les femmes ont une VFC naturellement plus haute que les hommes (sachant que l’espérance de vie d’une femme est plus élevée que celle d’un homme… coïncidence ?)

Voici maintenant les résultats VFC d’une étude sur 451 adolescents de 12 à 17 ans classé en fonction du sexe et de l’activité physique (athlète vs non athlète). Dans cette étude de nombreux dérivés de l’intervalle R-R ont été mesuré. Pour notre article j’ai volontairement repris la valeur rMSSD pour rester simple.

1) Tableau du groupe non sportif :

2) Tableau du groupe sportif :

* Journal of Clinical and Diagnostic Research. 2015 Oct, Vol-9(10):CC08-CC13

Là encore on constate que les femmes ont une VFC plus élevé que celle des hommes. Et sans surprise les athlètes ont une VFC nettement plus élevé que les non athlètes. La conclusion est sans appel : faites du sport ! 😉

 

En conclusion…

 

Vous connaissez maintenant l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur la mesure de la variabilité cardiaque. Vous pouvez maintenant évaluer votre santé et vitalité simplement et efficacement, voir l’évolution de celle ci en fonction de vos changements d’habitude / mode de vie… Les domaines d’application sont infinis ce qui en fait un outil de recherche puissant, disponible à tous et facilement reproductible..

Si vous souhaitez vous procurer la Polar H10 c’est ici

Faut-il arrêter la viande rouge ?

Faut-il arrêter la viande rouge ?

Ces dernières années nous assistons à une diabolisation quasiment systématique de la viande rouge. Accusé d’être impliqué dans de nombreuses pathologies comme les maladies cardio-vasculaires, cancers, acidification du corps, diabète, obésité, maladies neurovégétatives les incitations à supprimer la viande rouge se multiplient.

Comme toujours en nutrition rien n’est vrai pour tout le monde et il s’agit de comprendre, de nuancer et d’individualiser l’alimentation en fonction de l’âge, du sexe, des objectifs, du statut nutritionnel, pathologies, antécédents etc…

Avant d’adopter un point de vue binaire bon ou mauvais je vous propose d’analyser dans cet article les différents éléments contenus dans la viande rouge pouvant impacter de manière positive ou négative sur la santé. A partir de cette analyse vous pourrez moduler votre consommation en fonction de vos besoins…

 

La qualité du produit

Pour commencer la qualité du produit est un critère fondamental. Un animale élevé en batterie, nourrie aux céréales et piqué aux antibiotiques ne donnera pas du tout le même produit qu’un animal nourri à l’herbe (non traité) et ayant vécu en plein air sans recevoir d’antibiotique.

Animaux de pâturage nourrie à l’herbe bio

Animaux d’élevage nourris au céréales

Pas d’antibiotique ni pesticide dans la viande Antibiotique et résidus de pesticide dans la viande
Ratio oméga 6 / 3 équilibré Excès d’oméga 6 pro-inflammatoire
Viande ne contenant pas de lectine *
Riche en lectine * nocive pour la barrière intestinale (à cause des céréales)
Riche en créatine (force musculaire, capacité cognitive) Pauvre en créatine
Animaux heureux et en bonne santé Animaux dépressif et malade..

Une viande rouge issue de l’élevage intensif sera toujours nocive pour l’organisme. A l’inverse une viande issue de filière biologique et naturelle apportera des éléments très intéressants pour la santé.

*lectine : protéine synthétisée par les plantes et agissant comme un pesticide pour repousser les prédateurs. Les lectines sont notamment contenues dans les céréales (blé, mais, avoine, seigle etc).. ainsi les animaux nourris aux céréales produiront une viande contenant des lectines.

La façon de préparer

Le deuxième point qu’il faut avoir en tête lorsque l’on consomme de la viande rouge est le mode préparation. Effectivement lorsque la viande rouge est grillée il va se produire une réaction appelée la réaction de maillard. La réaction de maillard c’est lorsque l’aliment noirci et carbonise ce qui indique l’association d’ acides aminés avec des molécules de glucose (sucre) produisant ce que l’on appelle des « produits avancés de la glycation » ou AGE. Ces molécules sont littéralement incassables par l’organisme. Elles vont pénétrer la circulation sanguine et provoquer un stresse oxyda-tif majeur avec réaction inflammatoire. Ce stresse oxydant et l’inflammation qui en résulte, en plus d’accélérer le vieillissement prématuré du corps font le lit des maladies civilisationnelles comme le cancer ou encore les maladies cardio-vasculaires…

A l’inverse les cuissons douces à la vapeur ou basse température permettrons de rendre la viande plus digeste tout en préservant les précieux macro et micro nutriments..

Toujours cuire à basse température. Ce point ne concerne évidemment pas que la viande rouge mais l’ensemble de l’alimentation.

La viande rouge en détail

La viande rouge est un aliment très intéressant car elle contient beaucoup d’éléments intéressants mais qui peuvent être aussi potentiellement dangereux. Détaillons un peu…

  • Protéine : la viande rouge contient tout les acides aminés essentiels (cet à dire ceux que le corps n’est pas capable de fabriquer lui même et qui doivent être apportés par l’alimentation). Ce qui en fait un aliment très intéressant pour maintenir, conserver ou prendre de la masse musculaire. Rappelons au passage que les protéines sont nécessaires pour fabriquer du muscle, des anticorps, des neurotransmetteurs, des hormones, la trame ‘protéique’ de l’os (permettant aux minéraux de tenir dessus) etc
  • Des graisses : La viande rouge contient naturellement et de manière équilibrée toute les familles d’acides gras (saturé, mono-insaturé, poly-insaturé). Chaque famille de graisses joue un rôle important dans l’organisme et aucune graisse originelle et non transformée ne doit être évitée (au contraire..)
  • Du fer héminique qui est la forme de fer la plus assimilable.
    • Une carence en fer va entraîner une anémie par impossibilité de fabriquer de l’hémoglobine (protéine transporteuse de l’oxygène) et une hypothyroidie frustre. Le fer (avec beaucoup d’autres micro nutriments) participe à la fonction thyroïdienne (notamment pour convertir la T4 inactive en T3 activé). Une carence va donc provoquer  une mauvaise oxygénation et un métabolisme ralenti avec sous production d’énergie (par anémie et hypothyroïdie)
    • A l’inverse un excès de fer est pro-inflammatoire et va entraîner un stresse oxydant cellulaire important. Ainsi l’excès de fer est associé à un risque accru de maladies cardio-vasculaires (57% de risque en plus) , risque augmenté de maladie d’alzheimer (le fer s’accumule dans l’hippocampe et oxyde les cellules), risque de cancer et de diabète de type 2 majoré.
    • La consommation de viande rouge doit être modulé en fonction de la charge en fer de l’organisme.
  • De la créatine impliquée dans les fonctions cognitives et l’augmentation de la force musculaire. La créatine permet aussi de récupérer plus vite après un effort sportif.
  • Du zinc qui est un oligoélément indispensable au système immunitaire, cicatrisation, hormones thyroïdiennes, production d’acide chlorhydrique, testostérone etc.
  • Vitamine B12 indispensable pour le fonctionnement du cerveau et du système nerveux (synthèse de neurotransmetteur et fabrication de la myéline) ainsi qu’à la production du sang ( la carence en B12 provoque une anémie).
  • La choline qui permet la synthèse d’acétylcholine (neurotransmetteur impliqué dans la mémorisation et la créativité). La choline va aussi empêcher la dégénération graisseuse du foie et un fonctionnement hépatique optimal notamment en permettant la synthèse de sel biliaire de qualité. La choline est un nutriment très précieux de plus en plus considéré pour ses effets bénéfiques sur la santé.
  • La carnitine qui est un acide aminé impliqué dans le transport des acides gras et la production d’énergie. La carnitine permet de sécher plus facilement et facilite la récupération après un effort physique. La carnitine est aussi un nutriment important pour les neurones (favorise la croissance et la récupération des nerfs).
  • Des purines qui vont avec les protéines augmenter la production d’acide urique. L’acide urique est à double tranchant. En quantité adéquate l’acide urique va jouer un puissant rôle d’anti-oxydant vous protégeant contre les attaques des radicaux libres (notamment ceux des virus et bactéries). Un faible taux d’acide urique est associé à un risque important de maladie neurodégénérative. A l’inverse un taux d’acide urique élevé va engendrer la formation de cristaux d’acide urique impliqué dans la goutte (accumulation de cristaux dans les articulations), les lithiases rénales et un risque de maladie cardio-vasculaires augmentées (par agression des vaisseaux par les cristaux). L’acide urique est un facteur de risque indépendant des maladies cardio-vasculaires. La consommation de viande rouge devra donc être modulée en fonction du taux d’acide urique qui devrait se trouver entre 40 et 50 mg / l
  • Neu5GC est une protéine particulière contenue dans le bœuf, mouton, agneau, porc. Cette protéine est néfaste et il a été découvert que notre système immunitaire identifie cette protéine comme étrangère à notre corps. Cela peut engendrer le développement d’anticorps visant la paroi de nos propres vaisseaux sanguins (risque cardiaque). Les cellules cancéreuses utilisent le NEU5Gc pour attirer à elle la croissance des vaisseaux sanguins par le biais d’une hormone appelée VEGF. Elles utilise aussi le neu5Gc pour se cacher du système immunitaire. La consommation de viande rouge chez un sujet cancéreux ou à risque de cancer est donc déconseillé.

Viande rouge en fonction du microbiote et de la qualité digestive

Chez une personne qui à un microbiote intestinal (ensemble des bactéries formant l’écosystème intestinal) déséquilibré, la consommation de viande rouge va produire un excès de TMAO toxique pour les artères. Effectivement certaines bactéries intestinales sont capables de synthétiser de la tri méthylamine (TMA) à partir de la choline et de la carnitine contenue par exemple dans la viande rouge (ou les œufs). La TMA sera ensuite oxydé en triméthylamine-n-oxyde (TMAO) par le foie au niveau hépatique. Malheureusement l’accumulation de TMAO dans l’organisme est un marqueur d’athérosclérose et reconnue comme facteur de risque cardio-vasculaires (coronarien et AVC). Et oui c’est tout le paradoxe de l’alimentation la choline et la carnitine apportent pourtant beaucoup de bénéfice pour la santé mais en excès ils vont favoriser le développement d’une flore productrice de TMAO..

Notre flore va essentiellement dépendre des substrats alimentaires disponibles. Ainsi il est évident que les gros mangeurs de viande rouge vont favoriser le développement d’une flore produisant de la TMAO toxique. Surtout si l’alimentation est pauvre en polyphénols et antioxydants.

Rassurez vous quand même, il a été montré que l’apport en antioxydants et polyphénols (notamment le resvératrole) via les légumes et les fruits vont permettre d’équilibrer le biote et de limiter la production de TMAO surtout si la consommation de viande rouge n’est pas excessive. Encore une fois l’équilibre alimentaire s’accorde avec la santé 🙂

Autre chose à savoir, en cas de mal-digestion des protéines (hypochlorhydrie, carence en enzymes pancréatiques) et notamment de la viande rouge qui demande un effort digestif plus important, des résidus de protéines non digérés vont terminer dans le côlon ou des bactéries de putréfaction vont pouvoir fabriquer des polyamines à partir de ces protéines non digérées. Les polyamines sont impliquées dans la prolifération cellulaire et en excès cela pourrait favoriser les processus tumoraux. Des petites quantités ne sont pas dangereuses.

Ainsi la quantité de polyamines fabriqués dépendra de la quantité de protéine non assimilé qui dépend elle même de la quantité consommé et de la qualité de la digestion / absorption (mastication, acide gastrique, enzyme pancréatiques (protéases) et entérocytes de qualités)

En conclusion…

On constate que la viande rouge est un aliment qui contient des éléments très intéressants mais qui a aussi des inconvénients…globalement et sauf cas particulier je ne recommande pas la suppression de la viande rouge dans l’alimentation mais je propose de limiter sa consommation. Une à deux fois par semaine me semble raisonnable (max 300g / semaine). Toujours en choisissant des produits d’excellentes qualités et avec des modes de cuisson doux.

A partir de toutes ces informations vous êtes maintenant capable d’adapter votre consommation en fonction de votre situation.

 

 

 

Microbiote inflammation et dépression

Microbiote inflammation et dépression

L’intestin est maintenant considéré comme le deuxième cerveau. Savez vous que 80% des communications se font des intestins au cerveau ? seulement 20% des connections vont donc du cerveau aux intestins. Ce constat amène la communauté scientifique à étudier de prêt l’influence du système nerveux entérique et du microbiote intestinale sur le comportement, l’humeur, l’immunité, le métabolisme. On sait maintenant que beaucoup de neurotransmetteurs et hormones sont en grande partie fabriqués dans le tube digestif. C’est le cas de la sérotonine : 95% est produite par le système nerveux entérique. La sérotonine joue un rôle important dans l’état de bien être et de relaxation. Elle permet aussi le bon fonctionnement du transit intestinale.

Les bactéries sont capables de communiquer avec le cerveau en synthétisant des neurotransmetteurs (voie nerveuse), neuropeptides (voir endocrinienne), métabolites (voie sanguine). Dans un état d’équilibre les bactéries nous aident et sont bénéfiques. Certaines synthétisent de la sérotonine, du gaba ou encore de la mélatonine. Mais lorsque le microbiote est perturbé et qu’une malabsorption s’installe certaines populations de bactéries pathogènes prolifèrent et entravent la production normale de sérotonine. C’est le cas des bactéries de la famille des firmicutes impliqués dans la production de méthane.

 

Un des moyens de mesurer la présence de certaines populations bactériennes est le test aux gaz expirés qui évalue la quantité d’hydrogène, de méthane et de methylacétate dans l’haleine. Les chercheurs se sont aperçus que les individus excréteurs de méthane souffrent significativement plus de constipation,d’anxiété et de maladies métaboliques (obésité) que les non excréteurs. Les bactéries méthanogènes sont capables d’extraire beaucoup de calories à partir des résidus non absorbés comme la cellulose, hémicellulose. Cela génère une production importante d’acide gras à courtes chaines facilement réabsorbés et stockés autours des organes (foie, pancréas, coeur, reins). Cette graisse viscérale inflammatoire favorise les maladies métaboliques : obésité, hypertension et maladies cardiovasculaires. Les bactéries méthanogènes sont des bactéries anaérobie qui vivent normalement en quantité réduite dans le côlon. En cas de malabsorption et de dysbiose (déséquilibre du microbiote) les bactéries méthanogènes sont susceptibles  de proliférer dans l’intestin grêle en libérant de grande quantité de LPS (lipopolysaccharide). Ces fragments bactériens (lps) ont la capacité de traverser la barrière intestinale (la rendant poreuse) et d’engendrer une forte stimulation immunitaire avec réaction inflammatoire. D’autre part les bactéries méthanogènes sont équipés de tryptophanase, une enzyme capable de dégrader le tryptophane (les bactéries méthanogènes en ont besoin pour se développer) . Or le tryptophane est le précurseur de la sérotonine, une carence en tryptophane induit un déficit en sérotonine et donc de l’anxiété voire de la dépression.

Ainsi certaines études montrent une baisse de la sérotonine post prandial chez les personnes qui excrètent beaucoup de méthane. C’est sûrement par ce biais que la présence de méthane est aussi corrélée à la constipation. Pour finir les fragments bactériens (LPS) issue des bactéries gram négatif induisent une perméabilité des barrières : intestinales, gingivales (parodontite) et hémato-encéphalique.

De plus en plus d’études suggèrent que le microbiote joue un rôle majeur sur la régulation de nos états émotionnels. Le microbiote régule aussi l’état inflammatoire du corps. La première chose que doivent faire les personnes atteintes de dépression, d’anxiété ou de maladies inflammatoires est de soigner leurs intestins ! Le microbiote est le carrefour de notre santé 🙂

 

 

 

 

 

 

 

Le syndrome de l’intestin perméable

Le syndrome de l’intestin perméable

Connaissez vous le facteur commun à de très nombreuses pathologies de civilisation dont les maladies auto-immunes, les allergies, l’arthrose, la dépression ? Ce facteur c’est le syndrome de l’intestin perméable aussi appelé « porosité intestinale » ou encore leaky gut chez les anglophones. Cette pathologie est  liée à une altération de la barrière intestinale qui ne joue plus son rôle de barrière et devient poreuse à l’image d’une passoire.

 

L’intestin grêle a trois fonctions essentiels. Premièrement c’est lui qui termine la digestion des graisses, glucides et lipides en molécules simples. Une fois réduits en molécules simples les différents nutriments vont pouvoir traverser la barrière intestinale à travers les entérocytes (cellules intestinales). La troisième fonction de l’intestin consiste à trier les nutriments des molécules pathogènes. Ce sont les jonctions serrées qui relient les entérocytes les uns aux autres et qui assurent la régulation de la perméabilité intestinale. Dans certaines conditions pathologiques les jonctions serrées qui sont censés assurer l’étanchéité de la paroi s’ouvrent et laissent passer dans la circulation sanguine de nombreuses molécules indésirables comme les fragments bactériens (LPS),  les virus, les toxines, les métaux lourds, les peptides mal dégradés..

 

L’entrée massive de molécule étrangère dans la circulation sanguine engendre une stimulation anormale du système immunitaire avec libération de messagers pro-inflammatoires. Ce phénomène pathologique peut mener à des maladies auto-immunes, des allergies, de la dépression, de l’ostéoporose, de la fatigue, des carences. Au niveau intestinal le sujet va développer des troubles digestifs avec de nombreuses allergies alimentaires et une malabsorption des nutriments.

 

 

Quels sont les facteurs qui peuvent engendrer une porosité intestinale ?

 

  • Maladie cœliaque (intolérance vrai au gluten qui se manifeste par une destruction des entérocytes)
  • La consommation de blé et de produits laitiers est associées à une ouverture des jonctions serrées de l’intestin par l’intermédiaire de la  zonuline une molécule impliquée dans la régulation de l’ouverture des jonctions serrées qui est stimulée par le gluten (protéine du blé) et la caséine (protéine laitière).
  • Certains aliments : le poivre, les solanacées comme les piments, tomates, poivrons, aubergines, pommes de terre.
  • Consommation importante d’aliments contenants des anti-nutriments : soja, céréales complètes, légumineuses.
  • Une proliférations de bactéries anaérobies (gram négative) dans l’intestin grêle avec production massive de lipopolysaccharide (LPS).
  • Proliférations fongiques à candida albican.
  • Infections virales chroniques (herpès virus, adénovirus).
  • État de jeune : au délà de 24h de jeune l’intestin devient poreux.
  • Chimiothérapie et radiothérapie par destruction des entérocytes.
  • Ischémies intestinales par un effort sportif intense (exemple : les marathoniens) : un manque de perfusion sanguine de la paroi intestinal peut engendrer des lésions irréversibles. Lors d’un effort intense un afflux de sang massif est dérivé sur les muscles en action délaissant ainsi l’intestin.
  • Déficits en glutamine qui est le carburant des cellules intestinales. En l’absence de glutamine les entérocytes ne peuvent pas se renouveler correctement et se retrouvent atrophiés.
  • Prise d’anti-inflammatoires anti-stéroïdiens (comme l’aspirine).
  • Prise d’IPP (inhibiteurs de la pompe à protons) les antiacides comme l’oméprazole.
  • Alcool
  • Carence en vitamine D et omega 3
  • Antibiothérapie à répétition détruisant la flore commensale bénéfique.

Comment diagnostiquer un intestin poreux ? 

  • Le test aux gaz expirés (plus d’information ici) qui est un excellent reflet de la muqueuse du grêle. Le taux d’hydrogène expiré est corrélé à la porosité intestinale.
  • En clinique l’ingestion de certains sucres lactulose / mannitol ou rhamnose avec dosage urinaire dosage urinaire. (ces sucres sont normalement trop gros pour être absorbés chez une personne saine, en cas de porositée intestinale les sucres passent dans la circulation sanguine puis excrétés par l’urine)
  • Dosage sanguin des LPS (disponible chez le laboratoire barbier) un taux élevé d’endotoxines reflète un passage de LPS et donc une porositée intestinale avec proliférations de bactéries anéorobies.
  • Dosage de certains métabolites urinaires : D-arabinol ou arabinose signant une prolifération fongique de candida.

La prise en charge de base repose évidemment sur l’exclusion des causes évoquées plus haut et sur la mise en place d’une alimentation individualisée qui n’agresse pas les muqueuses. Elle doit être adaptée au cas par cas en fonction des capacités enzymatiques et digestifs de la personne. Il est primordial de consulter un thérapeute formé au test respiratoire car lui seule pourra cibler le régime / cure et la thérapeutique à mettre en place.

Manquez vous d’acide chlorhydrique ?

Manquez vous d’acide chlorhydrique ?

Une bonne santé passe par une sécrétion adéquate d’acide chlorhydrique, c’est une certitude ! Ce précieux liquide sécrété par les cellules pariétales de l’estomac à de nombreuses fonctions. Malheureusement de nombreuses personnes souffrent d’un déficit chronique  en acide chlorhydrique (voir une achlorhydrie)  avec des conséquences désastreuses sur la santé.

(suite…)