Faut-il arrêter la viande rouge ?

Ces dernières années nous assistons à une diabolisation quasiment systématique de la viande rouge, accusé d’être impliqué dans de nombreuses pathologies, comme les maladies cardio-vasculaires, cancers, acidification du corps, diabète, obésité, maladies neurovégétatives, les incitations à supprimer la viande rouge se multiplient.

Comme toujours en nutrition, rien n’est vrai pour tout le monde, il s’agit de comprendre de nuancer et d’individualiser l’alimentation en fonction de l’âge, du sexe, des objectifs, du statut nutritionnel, pathologies, antécédents, etc.

Avant d’adopter un point de vue binaire bon ou mauvais, je vous propose d’analyser dans cet article les différents éléments contenus dans la viande rouge, pouvant impacter de manière positive ou négative sur la santé, à partir de cette analyse vous pourrez moduler votre consommation en fonction de vos besoins.

1 - La qualité du produit

Pour commencer la qualité du produit est un critère fondamental, un animale élevé en batterie, nourrie aux céréales et piqué aux antibiotiques, ne donnera pas du tout le même produit qu’un animal nourri à l’herbe (non traité) et ayant vécu en plein air sans recevoir d’antibiotique.

Animaux de pâturage nourrie à l’herbe bio

Animaux d’élevage nourris au céréales

Pas d’antibiotique ni pesticide dans la viandeAntibiotique et résidus de pesticide dans la viande
Ratio oméga 6/3 équilibré Excès d’oméga 6 pro-inflammatoire
Viande ne contenant pas de lectine *
Riche en lectine * nocive pour la barrière intestinale (à cause des céréales)
Riche en créatine (force musculaire, capacité cognitive)Pauvre en créatine
Animaux heureux et en bonne santéAnimaux dépressif et malade..

Une viande rouge issue de l’élevage intensif sera toujours nocive pour l’organisme, à l’inverse une viande issue de filière biologique et naturelle apportera des éléments très intéressants pour la santé.

*lectine: protéine synthétisée par les plantes, agissant comme un pesticide pour repousser les prédateurs. Les lectines sont notamment contenues dans les céréales (blé, mais, avoine, seigle etc).. ainsi les animaux nourris aux céréales, produiront une viande contenant des lectines.

2 - La façon de préparer

Le deuxième point qu’il faut avoir en tête, lorsque l’on consomme de la viande rouge est le mode de préparation. Effectivement lorsque la viande rouge est grillée, il va se produire une réaction appelée la réaction de maillard. La réaction de maillard c’est lorsque l’aliment noirci et carbonise, ce qui indique l’association d’acides aminés avec des molécules de glucose (sucre), produisant ce que l’on appelle des « produits avancés de la glycation » ou AGE. Ces molécules sont littéralement incassables par l’organisme, elles vont pénétrer la circulation sanguine et provoquer un stresse oxyda-tif majeur avec réaction inflammatoire. Ce stresse oxydant et l’inflammation qui en résulte, en plus d’accélérer le vieillissement prématuré du corps, font le lit des maladies civilisationnelles comme le cancer ou encore les maladies cardio-vasculaires…

À l’inverse les cuissons douces à la vapeur ou basse température, permettrons de rendre la viande plus digeste tout en préservant les précieux macro et micro nutriments..

Toujours cuire à basse température, ce point ne concerne évidemment pas que la viande rouge mais l’ensemble de l’alimentation.

La viande rouge en détail

La viande rouge est un aliment très intéressant, car elle contient beaucoup d’éléments intéressants, mais qui peuvent être aussi potentiellement dangereux détaillons un peu.

Viande rouge en fonction du microbiote et de la qualité digestive

Chez une personne qui à un microbiote intestinal (ensemble des bactéries formant l’écosystème intestinal) déséquilibré, la consommation de viande rouge va produire un excès de TMAO toxique pour les artères. Effectivement certaines bactéries intestinales sont capables de synthétiser de la tri méthylamine (TMA) à partir de la choline et de la carnitine contenue par exemple dans la viande rouge (ou les œufs). La TMA sera ensuite oxydé en triméthylamine-n-oxyde (TMAO) par le foie au niveau hépatique. Malheureusement l’accumulation de TMAO dans l’organisme est un marqueur d’athérosclérose et reconnue comme facteur de risque cardio-vasculaires (coronarien et AVC). Et oui c’est tout le paradoxe de l’alimentation la choline et la carnitine apportent pourtant beaucoup de bénéfice pour la santé mais en excès ils vont favoriser le développement d’une flore productrice de TMAO..

Notre flore va essentiellement dépendre des substrats alimentaires disponibles. Ainsi il est évident que les gros mangeurs de viande rouge vont favoriser le développement d’une flore produisant de la TMAO toxique. Surtout si l’alimentation est pauvre en polyphénols et antioxydants.

Rassurez vous quand même, il a été montré que l’apport en antioxydants et polyphénols (notamment le resvératrole) via les légumes et les fruits vont permettre d’équilibrer le biote et de limiter la production de TMAO surtout si la consommation de viande rouge n’est pas excessive. Encore une fois l’équilibre alimentaire s’accorde avec la santé 🙂

Autre chose à savoir, en cas de mal-digestion des protéines (hypochlorhydrie, carence en enzymes pancréatiques) et notamment de la viande rouge qui demande un effort digestif plus important, des résidus de protéines non digérés vont terminer dans le côlon ou des bactéries de putréfaction vont pouvoir fabriquer des polyamines à partir de ces protéines non digérées. Les polyamines sont impliquées dans la prolifération cellulaire et en excès cela pourrait favoriser les processus tumoraux. Des petites quantités ne sont pas dangereuses.

Ainsi la quantité de polyamines fabriqués dépendra de la quantité de protéine non assimilé qui dépend elle même de la quantité consommé et de la qualité de la digestion/absorption (mastication, acide gastrique, enzyme pancréatiques (protéases) et entérocytes de qualités.

Conclusion :

On constate que la viande rouge est un aliment qui contient des éléments très intéressants mais qui a aussi des inconvénients…globalement et sauf cas particulier je ne recommande pas la suppression de la viande rouge dans l’alimentation mais je propose de limiter sa consommation. Une à deux fois par semaine me semble raisonnable (max 300g/semaine). Toujours en choisissant des produits d’excellentes qualités et avec des modes de cuisson doux.

À partir de toutes ces informations vous êtes maintenant capable d’adapter votre consommation en fonction de votre situation.