L’état de notre microbiote détermine notre santé. Un microbiote altéré est associé à des problèmes métaboliques (obésité,  maigreur, hypertension, diabète, athérosclérose) , psychique (trouble de l’humeur, dépression) , inflammatoire ( arthrose, tendinite, maladie auto-immune : sclérose en plaque , thyroïdite) , digestif (constipation diarrhée, reflux, ballonnements). La qualité de nos muqueuses et de notre microbiote est donc le carrefour de notre santé, il est donc logique de l’entretenir ou de le restaurer quand celui ci est abîmé.  Certains outils modernes permettent de détecter la dysbiose (déséquilibre des bactéries) en mesurant les gaz expirés émis par les bactéries digestives et expulsées par l’haleine. C’est le cas du détecteur de gaz MX6 de la société gaz detect.
gaz dysbiose

Objectif de la mesure des gaz

Le test respiratoire a pour but de déterminer votre capacité d’absorption des sucres et de mettre en évidence la présence d’une dysbiose d’origine gastrique ou entérique. Physiologiquement l’estomac est propre et ne doit pas contenir de bactérie. L’acide chlorhydrique décontamine en effet le bol alimentaire et permet de faire écran entre la partie haute du tube digestif et la partie basse (grêle / colon). La bile participe à cette désinfection. Ainsi l’intestin grêle bénéficie de ce nettoyage et doit s’il est en bonne santé contenir  peu de bactérie (seule le côlon contient des milliards de bactéries). L’intestin grêle c’est la zone d’absorption des nutriments décomposés par les enzymes gastriques, pancréatiques et entériques en molécules simples. Seul les résidus non absorbés finiront dans le colon et seront fermentés par les bactéries. Il existe donc une petite fermentation physiologique dans le colon avec faible production d’hydrogène. Les gaz produits par les bactéries sont en partie réabsorbés dans le sang puis expulsés par les poumons. Un détecteur de gaz permet donc de mesurer différents gaz : hydrogène, méthane, methylacetate, hydrogène sulfureux. Différents types de sucres peuvent être testés. Les deux premiers sucres à être mal absorbés sont le lactose et le fructose. On sait qu’en 1h30 le sucre passe de la bouche à l’iléon (partie basse de l’intestin grêle). Une augmentation de plus de 10 ppm après la première mesure à jeun démontre un excès de fermentation et donc une prolifération de bactérie dans le grêle ou pire l’estomac.

Dysbiose : microbiote intestinal déséquilibré (perte de la diversité bactérienne) et prolifération anormale de bactérie dans le grêle ou l’estomac.

Voici les règles à respecter avant de faire un test respiratoire :

  • Être à jeun depuis au moins 12h (seule l’eau est autorisé).
  • Ne pas se laver les dents le jour du test respiratoire.
  • Ne pas mettre de parfum ou eau de toilette ou déodorant.
  • Ne pas consommer d’aliments contenant du fructose et lactose 24h avant le test respiratoire (produits laitiers, fruits).

Déroulement du test respiratoire :

  1.  La première mesure est faite à jeun.
  2.  Prise du ou des sucres à tester : lactulose , fructose , amidons (riz ,avoine etc…).
  3.  La deuxième mesure est effectuée 1h30 à 2h après la première mesure. A ce moment le sucre non absorbé se trouve dans l’iléon (partie basse du grêle) une hausse de l’hydrogène ou du méthylacetate démontre un excès de bactéries et confirme la dysbiose.

Les différents gaz mesurés sont : Hydrogène ( H2 ) :  fermentation physiologique du colon ascendant, devient pathologique lorsque le résultat démontre un écart de 10 ppm entre la mesure à jeun et la deuxième mesure. Indique une malabsorption des sucres ( lactose / fructose ) et un excès de bactéries anaérobies dans le grêle. Provoque des ballonnements. Marqueur de la porosité intestinale et du status inflammatoire.

Méthane ( CH4 )  :   fermentation du colon transverse, ne doit normalement pas dépasser 0,5 ppm. Une grosse fermentation au méthane fait suite à une grosse fermentation à l’hydrogène, en effet le substrat des bactéries méthano-productrice est l’hydrogène. Ce gaz est associé à un transit ralenti et une baisse de la sérotonine postprandial (tendance à l’anxiété, dépression). En effet les bactéries méthanogènes dégradent le tryptophane précurseur de la sérotonine. Ce gaz est aussi lié à l’inflammation et la porositée intestinale. Attention : gaz non mesuré par le gazdetect à l’heure actuelle seule certain hopitaux sont équipés pour détecter le méthane.

Methyl Acetate : biofilm très résistant induisant une fermentation acide (vinaigrier) dans l’estomac (conséquence d’une mauvaise vidange gastrique) et parfois plus bas dans l’intestin grêle (abrasion du grêle avec malabsorption sévère ou insuffisance pancréatique). Le methylacetate c’est le terrain de la candidose qui associe l’acinetobacter et candida albican. Lorsque le methylacetate est bas cela peut indiquer la présence d’une flore pauvre (en générale mycobactérie) productrice de graisse, capable de consommer le methylacétate et de récupérer les calories avec une très grande efficacité (c’est la flore que l’on retrouve en cas de syndrome métabolique).

Hydrogène sulfureux (H2S) : Gaz protecteur et antioxydant en petite quantité (indique une flore saine). Inversement corrélé à la production de dymethylcycloprane qui est un gaz produit par les bactéries de la famille prevotella (groupes de bactéries agressives qui découpent les muqueuses : campylobacter, desulfivibrio, fusobactérium etc). Le dymethylcyclopropane serait associé à un risque plus important de cancer.

Oxyde nitrique (NO) : Certaines bactéries sont capables de convertir les nitrites en nitrates précurseur de l’oxyde nitrique. Le NO est un gaz important qui permet une motricité digestive. Au niveau des artères ce gaz favorise la vasodilation. Une excrétion correcte de NO via une éructation après une prise de bicarbonate et de citron le matin à jeun et le témoin d’un système nerveux fonctionel et réactif avec un bon tonus vagal. L’inverse indique une flore et un système nerveux altéré avec ralentissement important de la vidange gastrique.

Le test aux gaz expirés va donc nous permettre de déterminer la capacité d’absorption des sucres et de mettre en évidence l’existence d’une dysbiose d’origine gastrique ou intestinale. Lorsqu’une dysbiose est confirmée le praticien peut mettre en place un protocole précis adapté à la personne. Le protocole passe toujours par une désinfection virale et bactérienne des muqueuses buccales et digestives. En fonction du type de dysbiose le praticien utilisera des huiles essentielles adaptées à dose alimentaire (ne jamais agresser une muqueuse avec des capsules d’huiles essentielles!!!) . Il faudra aussi combler les carences en macro et micro nutriments très souvent présente en cas de dysbiose avec une alimentation de qualité et parfois certains compléments alimentaires. On favorisera la reconstruction des muqueuses à l’aide de plantes et d’acides aminés. Dans certains cas l’utilisation d’enzyme pancréatique sera incontournable pour retrouver une absorption de qualité. Enfin il faudra soulager le foie. Rappelons que tout ce qui vient des intestins est filtré par le foie ainsi une dysbiose est toujours à l’origine d’un foie enflammé.

  • Les gaz expirés sont le reflet de l’état du foie.
  • Une dysbiose à l’hydrogène est directement corrélée à la porositée intestinale et au status inflammatoire (D’après les travaux du Dr. Donatini , une augmentation de l’hydrogène au dessus de 15 ppm indique une présence beaucoup plus forte de cellule immunitaire TH17 liée à l’inflammation).
  • Une dysbiose au méthyl acétate indique une flore fortement dégradée. C’est un marqueur inflammatoire important, il y a très souvent des carences.
  • Les LPS des bactéries gram négatifs (bactérie anaérobie vivant normalement dans le colon) favorisent l’inflammation et la dépression : dégradation du tryptophane > baisse de la sérotonine.
  • Une fermentation H2 à jeun indique une intolérance au gluten ou une infection virale active (adénovirus).

Les objectifs thérapeutiques sont les suivants :

  • Réduire les flores inflammatoires (prevotella, mycobactérie)
  • Stimuler l’immunité pour diminuer l’expression et la charge virale des virus herpétiques (EBV, CMV, HSPV1-2) , détruire HPV (papillomavirus)
  • Enrichir le microbiote de bactéries commensales et protectrices (intérêt du légume bio riche en endobactéries)
  • Récupérer une muqueuse de qualité capable d’absorber efficacement.
  • Récupérer un bon système nerveux (nerf vague)

Ces objectifs sont fondamentaux pour toute personne souhaitant améliorer son espérance et confort de vie tout en diminuant les risques de maladies grave (cancer, syndrome métabolique, maladies auto-immunes, maladies neurodégénératives, dépression etc)

Dans un prochain article je vous présenterai les trois entérotypes compatibles avec la vie.

 

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