Depuis l’avènement de la métagénomique la possibilité d’étudier le microbiote via le séquençage de nos bactéries digestives à permis de nombreuses avancées dans la compréhension de cet organe à part entière qu’est le microbiote. Nous savons aujourd’hui que notre santé est directement liée à la qualité de cet écosystème digestif et qu’une mauvaise flore est associée à de nombreux troubles tels que la dépression, les maladies auto-immunes, l’hypothyroïdie, le syndrome métabolique et maladies cardio-vasculaires, le diabète et même les cancers. Ce constat amène donc les chercheurs à comprendre les facteurs qui interviennent dans le développement d’un microbiote protecteur ou pathogène.

Récemment une équipe de chercheurs a découvert la présence d’un gène nommé FUT2 qui est impliqué dans le codage d’une enzyme permettant la fabrication d’un prébiotique: le fucosyllactose. Ce prébiotique présent en grosse quantité dans le lait maternel est un oligosaccharide qui va nourrir différentes populations de bactéries « amis » favorisant ainsi l’élaboration d’une flore riche, diversifié et protectrice. Le fucosyllactose va aussi permettre la production d’un mucus de qualité. Or comme le rappel Steven Gundry dans son livre le paradoxe des plantes l’élaboration d’une barrière digestive de qualité dépend notamment de la qualité des bactéries et du mucus qui tapisse nos muqueuses. En effet le mucus hydrate les muqueuses, piège les bactéries pathogènes et lectines des plantes, maintient une distance entre les micro-organismes et l’épithélium intestinal et sert de nourriture à nos précieuses bactéries.

Malheureusement il existe un polymorphisme sur le gène FUT2 et 20% de la population ne va pas exprimer l’enzyme qui fabrique le fucosyllactose. Pour savoir si vous être excréteur ou non excréteur il existe maintenant un test génétique simple qui nécessite simplement un échantillon de salive ou de sang (laboratoire lims-mbnext.be , ~ 59€ à faire une fois dans la vie). La conséquence de cette mutation est que les non-excréteurs auront une tendance à développer plus facilement des dysbioses (ballonnements, reflux, troubles du transit, douleurs abdominales) et maladies en lien avec un mauvais microbiote. Ces personnes auront aussi beaucoup plus de mal à se rétablir après une agression de la flore (antibiotique, IPP, huiles essentielles, argent colloidal, gastro entérite, intoxication alimentaire, alimentation industrielle, pesticide etc)

Face à cette problématique certains laboratoires ont développé des compléments alimentaires à base de fucosyllactose pour pallier à ce déficit. Le laboratoire métagénics avec Fucodyn ou encore le laboratoire nutrixeal avec Prebiolife . Cette complémentation devra logiquement être maintenue (ou prise en cure régulière) pour continuer d’alimenter et d’enrichir les bactéries commensales bénéfiques. Il faut plusieurs mois de supplémentation pour commencer à percevoir les améliorations. Inutile de rappeler que la complémentation seule ne suffit pas et qu’il faut adopter une alimentation saine en parallèle.

Ce polymorphisme qui touche 20% de la population permet d’expliquer pourquoi certaines personnes ont plus de mal à se rétablir ou continuent de souffrir de troubles digestifs et pathologies inflammatoires mal grès les prises en charges traditionnellement utilisées en naturopathie et médecine fonctionnelle. Le point positif c’est qu’il est maintenant possible de contre balancer ce déficit par l’apport de prébiotique naturel spécifique.

 

 

 

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