Que signifie vraiment l’augmentation du cholestérol ?

Que signifie vraiment l’augmentation du cholestérol ?

Lors d’un bilan de routine, vous avez peut-être déjà eu la surprise de voir votre cholestérol augmenter. Probablement même que celui-ci dépassait les normes actuellement admises par le consensus officiel. Inquiet vous êtes retourné chez votre médecin qui vous a prescrit des statines pour faire baisser artificiellement votre cholestérol. Les statines sont très efficaces pour baisser le cholestérol, malheureusement elles ont de nombreux effets secondaires parfois grave et surtout elle ne s’attaque pas à la cause du problème. Dans cette article je vous propose une compréhension plus global de cette problématique, pourquoi le cholestérol augmente ? qu’est-ce que cela signifie ?

Tout d’abord quelques constats :

➡️ De nombreuses études montrent que les personnes avec un taux de cholestérol « normal », meurent de maladie cardio-vasculaire aussi souvent que les personnes qui ont un taux de cholestérol élevé. Le taux de cholestérol n’est donc pas un marqueur prédictif de l’infarctus. Au moins 60% des victimes d’infarctus ont des taux de cholestérol normaux..

➡️ De nombreuses études montrent que de faibles taux de cholestérol sont associés à une mortalité plus importante, par maladies cardiovasculaires ainsi qu’un risque plus important de souffrir de dépression, pensées suicidaires, comportement violent. Avoir un cholestérol trop bas est dangereux.

➡️ Après 60 ans un taux de cholestérol LDL élevé est associé à une mortalité plus faible.

➡️ D’autres études ont montré qu’il n’y a aucune corrélation entre le taux de cholestérol et le taux d’athérosclérose… une personne avec un cholestérol faible peut être autant sclérosé qu’une personne avec un cholestérol élevé.

➡️ Une méta-analyse de 11 essais contrôlés et randomisés portant sur 65 229 participants, à chercher à évaluer l’impacte des statines, sur la mortalité toutes causes confondues en prévention primaire des personnes à hauts risques. Conclusion : cette méta-analyse n’a pas trouvé de preuve du bénéfice du traitement par statine sur la mortalité toutes causes confondues.

Je vous mets des références d’études à la fin de l’article. Cela n’est qu’un petit aperçu des études qui existent sur le sujet. Pour ceux qui veulent creuser je vous invite à lire deux excellents livres celui de Natasha Campbell  » vive le cholestérol » et celui de Michel de Lorgeril « Cholestérol mensonges et propagande ». Des véritables bombes sur le sujet qui vont changer radicalement votre point de vue sur la question.

🔸 Élévation du cholestérol et hypothyroïdie

Dans l’étude HUNT, l’une des plus grandes sur les maladies cardio-vasculaires menées sur une population de 66 140 personnes en Norvège, les chercheurs ont découvert une corrélation directe entre l’élévation du « mauvais cholestérol » (LDL) et l’hypothyroïdie. Le LDL-cholestérol augmente en parallèle de l’élévation de la TSH.

Lien vers l’étude : https://eje.bioscientifica.com/view/journals/eje/156/2/1560181.xml

Ce graphique tiré de l’étude montre que l’hypothyroïdie s’accompagne d’une élévation du LDL-Cholestérol. En effet la TSH (thyréostimuline) est l’hormone qui stimule la thyroïde pour la production d’hormones. Elle est sécrétée par l’hypophyse lorsque les hormones thyroïdiennes diminuent dans le sang. De manière générale plus la TSH augmente, plus le déficit en hormones thyroïdiennes est important : c’est un état d’hypothyroïdie. Or comme vous allez le voir l’hypothyroïdie est en lien étroit avec les maladies cardiovasculaires. Le cholestérol n’est pas directement coupable dans cette affaire.. il est l’indicateur d’un problème sous-jacent. Il montre que le métabolisme tourne au ralenti. Plus vous devenez hypothyroïdien plus votre cholestérol augmente (sauf si le foie en fabrique naturellement peu du à un polymorphisme génétique)

 

🔸 hypothyroïdie et maladies métaboliques

C’est là que les choses deviennent intéressantes. Il existe un lien étroit entre hypothyroïdie est maladies métaboliques. Comme le montre le schéma suivant une augmentation de la TSH est associé à un risque augmenté de maladies cardiovasculaires et métaboliques. En réalité l’insuffisance thyroïdienne entraine de nombreuses pathologies (pas seulement cardiovasculaires) qui dépasse le cadre de cet article . Les laboratoires tolèrent une TSH jusqu’a 4,5 mUI mais de nombreux spécialistes expliquent  que cette fourchette est beaucoup trop large et qu’une TSH au-dessus de 2 témoigne d’une hypothyroïdie frustre.

(Image tiré d’une conférence du Dr.Stéphane Résimont)

Plus la TSH augmente plus les marqueurs du syndrome métabolique augmentent (glycémie, triglycérides, cholestérol, CRP, homocystéine..). Saviez-vous qu’avant l’émergence des marqueurs thyroïdiens (TSH, T4, T3 etc) les médecins étaient formés à rechercher un cholestérol élevé comme signe d’hypothyroïdie ?

Les recherches du Dr. Broda Barnes

Le Dr. Broda Barnes était un endocrinologue américain connu pour avoir passé sa carrière à étudier les problèmes thyroïdiens. Selon ses études, les régimes qui visent à faire baisser le cholestérol aggravent les maladies cardiovasculaires et multiplient les dégâts par quatre.

Le Dr. Barnes a mené sa propre étude clinique sur des patients hypothyroïdiens traités par des extraits desséchés de thyroïde de porc (qui apporte l’ensemble des hormones thyroïdiennes). D’après les statistiques de l’époque sur la survenue des maladies cardiaques il avait été prédis que 72 patients de son étude subiraient une crise cardiaque à un moment donné au cours de l’étude. Résultat seul 4 patients de l’étude ont fait une crise cardiaque. Cela représente une réduction de 94% du nombre d’infarctus grâce à la prise en charge de l’hypothyroïdie via un traitement de remplacement par extrait thyroïdien. Ce qui est juste énorme…

C’est aussi ce médecin qui a trouvé une méthode alternative pour diagnostiquer (en tout cas suspecter) l’hypothyroïdie avec un simple thermomètre. Cela consiste à mesurer sa température corporelle au réveil sous l’aisselle pendant 10 minutes avec un thermomètre au gallium (à l’époque au mercure) ou sous la langue avec un thermomètre électronique (dans ce cas il faut le laisser au moins 3 minutes). Une température inférieure à 36,6° indique une température corporelle basse est donc une hypothyroïdie probable (très significatif en dessous de 36,1). Évidemment cela est à corréler avec les autres symptômes cliniques (et avec votre médecin qui lui seul peut poser le diagnostique). Ce que je vous propose de faire dans cet article. Si vous parlez anglais et que les recherches de Barnes vous intéresses vous pouvez lire son livre encore disponible.

🔸 Pourquoi le cholestérol augmente en cas d’hypothyroïdie ?

Le cholestérol est une substance vitale pour l’organisme et qui a de nombreuses fonctions. Le cholestérol permet la synthèse de vitamine D via les rayons UVB du soleil. Un faible taux de cholestérol entraîne une faible production de vitamine D qui entraine une carence avec de graves conséquences pour la santé. Le cholestérol est nécessaire à la fabrication des sels biliaires et aux membranes cellulaires qu’il rend souples. Le cholestérol est aussi le précurseur des hormones sexuelles (testostérone, estrogènes et progestérone) et surrénaliennes (cortisol, aldostérone etc). Seulement voilà pour que le cholestérol puisse pénétrer dans la mitochondrie (centrale énergétique des cellules) et fabriquer des hormones il lui faut une petite protéine appelée  StAR (pour stéroidogenic acute regulatory protéine). Or cette protéine dépend de deux cofacteurs : l’hormone thyroïdienne active T3 et la vitamine A (rétinol).

 

 

 Sans suffisamment d’hormones thyroïdiennes et de vitamine A pas de fabrication de la protéine StAR et donc peu de conversion du cholestérol en stéroïdes (testostérone, cortisol etc). N’étant pas correctement utilisé le cholestérol s’accumule et augmente. L’autre conséquence c’est que votre corps produit moins d’hormones dérivées du cholestérol : prégnénolone, dhea, testostérone, progestérone, cortisol, aldostérone. Ces hormones sont essentielles à la bonne santé. Elles jouent notamment un rôle dans l’immunité, la mémoire, le maintien de la masse musculaire et osseuse, la libido, la régulation de l’inflammation…

 

🔸 Un taux de cholestérol faible est dangereux

Comme je l’ai écrit plus haut un taux de cholestérol faible est dangereux. Des études montrent une mortalité par cancer augmenté. Pour citer Natasha Campbell dans son livre « vive le cholestérol » :

 » Le cholestérol protège des infections et les gens avec un cholestérol faible sont plus sensibles aux infections et guérissent moins vite. Le risque de mourir d’une infection est supérieur aux personnes qui ont un cholestérol élevé. Le cholestérol soutient le système immunitaire désactivant les toxines microbiennes et en aidant le système immunitaire à lutter contre l’infection. « 

 » Dès le début des essais visant à faire baisser le taux de cholestérol, un plus grand nombre de décès par mort violente et par suicide ont été rapportés. Historiquement, selon des études réalisées sur des humains et sur les animaux, on s’est aperçu qu’un faible taux de cholestérol était lié à un comportement agressif et suicidaire. Un faible taux de cholestérol a couramment été décelé chez les criminels ayant commis des meurtres et d’autres crimes violents, les personnes ayant une personnalité agressive et violente, des tendances suicidaires et un comportement social agressif et un manque de maitrise de soi. « 

A l’heure actuelle les recommandations officielles indiquent :

  • 2 g/L (5,2 mmol / L) ou moins = « Cholestérol souhaitable »
  • 2 g/L à 2,39 g/L (5,2 à 6,2 mmol / L) = « limite haute »
  • 2 g/L (6.2 mmol / L) ou plus = « Élevé »

Selon les études de mortalité toutes causes confondues, le cholestérol optimal dont la mortalité toutes causes confondues est la plus basse est en réalité de 2 g/L à 2,40g. D’après les recommandations officielles cela représente la limite haute. Donc ne soyez pas inquiet devant un taux de cholestérol dans cette fourchette. Si vous souhaitez évaluer vos risques cardio-vasculaires d’autres marqueurs et signes cliniques existent : homocystéine, Lp(a) , CRP-us, acide urique, homa/quicky, ferritine, tour de taille élevé (signe de stéatose hépatique), parodontite…

Conclusion

Une hausse du cholestérol devrait vous pousser à investiguer plus loin la piste de l’hypothyroïdie franche ou infraclinique avec votre médecin (situation fréquente de nos jours : carence en iode, perturbateurs endocriniens etc). En améliorant votre fonction thyroïdienne vous pourriez avoir la surprise de faire baisser votre cholestérol naturellement sans statine, tout en diminuant d’autres facteurs de risque impliqué dans les maladies cardio-vasculaires… Pour en apprendre plus sur l’hypothyroïdie je vous conseil de lire mon article.


Références :

Werko L. Analysis of the MRFIT screenees : a methodological study. Journal of Internal Medicine 237, 323-333, 1987

Ravnskov U. The Cholesterol Myths. Exposing the fallacy that satured fat and cholesterol cause heart disease. 2000. NewTrends Publishing

Kannel WB, Gordon T. The Framingham diet study : diet and regulation of serum cholesterol. An Epidemiological Investigation of Cardiovascular Disease. Section 24. Washington DC 1970

Taubes G. Nutrition : The soft science of dietary fat. Science magazine 292, 2536-2545, 2001

Marmot MG et al. Epidemoiologic studies of coronary heat disease and stroke in Japanese men living in Japan, Hawaii and California : Prevalence of coronary and hypertensive heat disease and associated risk factors. American journal of epidemiology 102, 515-525, 1975

Ravnskov U, Diamond DM, Hama R. Lack of an association or an inverse association between low-density-lipoprotein cholesterol and mortality in the elderly: a systematic review. BMJ Open 2016;6:e010401

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20585067 (meta analyse statine)

Shomon, Mary. “How Thyroid Disease Affects Cholesterol (and Vice Versa).” Verywell Health, 15 Mar. 2019, www.verywellhealth.com/combatting-high-cholesterol-with-hypothyroidism-3231719.

Leonard, Jayne. “Thyroid Problems and Cholesterol: What’s the Link?” Medical News Today, MediLexicon International, 30 July 2018, www.medicalnewstoday.com/articles/322618.php.

Lutz, Jennifer. “Hypothyroid and Cholesterol: Too Little Thyroid Hormone, Too Much Cholesterol.” EndocrineWeb, 21 June 2018, www.endocrineweb.com/news/thyroid-diseases/59757-hypothyroid-cholesterol-too-little-thyroid-hormone-too-much-cholesterol.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9229204

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/6102243

Bhakdi S et al. Binding and partial inactivation of Staphylococcus aureus A-toxin by human plasma low density lipoprotein. Journal of Biological Chemistry 258, 5899-5904-, 1983

Muldoon MF et al. Immune system differences in men with hypo or hypercholesterolemia. Clinical Immunology and Immunopathology 84, 145-149, 1997

Golomb BA, Kane T, Dimsdale JE. Severe irritability associated with statin cholesterol-lowering drugs. Quart j M 2004; 97:229-235

Horrobin DF. Lowering cholesterol concentrations and mortality. British Medical Journal 301, 554, 1990

Muldoon MF, Manuck SB, Matthews Ka. Lowering cholesterol concentrations and mortality : a quantitative review of primary prevention trials. British Medical Journal 301, 554, 1990

Lindberg G et al. Low serum cholesterol concentration and short term mortality from injuries in men and women. British Medical Journal 305, 277-279, 1992

 

 

 

L’huile de foie morue : le remède oublié

L’huile de foie morue : le remède oublié

💡Cela fait des milliers d’années que les humains consomment du foi animale, pour sa richesse en nutriments essentiels. Dans les pays nordiques, c’est l’huile de foie de morue fermentée qui est utilisée, depuis des centaines d’années comme fortifiant. En France, il n’y a pas si longtemps encore, l’huile de foie de morue était la star des « alicaments » et les enfants étaient obligés de consommer une cuillère à café de cette huile chaque matin. D’ailleurs il est fort probable que vos grands-parents se souvenaient de cette pratique, maintenant  tombée aux oubliettes. C’est bien dommage car comme nous allons le voir, l’huile de foie de morue est un des plus puissants alicaments existants !

De quoi se compose l’huile de foie de morue ?

✨ Contient l’ensemble de la famille des acides gras essentiels

L’huile de foie de morue contient l’ensemble de la famille des acides gras essentiels (3, 4, 6, 7, 9 et 11) sous une forme naturelle et équilibrée. Elle apporte notamment les précieux omega 3 sous une forme directement utilisable : EPA et DHA (à l’inverse des végétaux qui n’apporte qu’un précurseur, l’acide alpha linoléique). Ce sont des acides gras essentiels que le corps ne sait pas fabriquer et qui doivent être apportés par l’alimentation. Les omega 3 ont un rôle anti-inflammatoire, vasodilatateur, fluidifiant sanguin, assouplissent les membranes cellulaires, participent à la fabrication de la myéline et de certains neurotransmetteurs comme la sérotonine. Leurs bénéfices sont notamment reconnus dans la dépression (notamment post partum ), les maladies cardio-vasculaires, auto-immunes et pathologies inflammatoires.

✨ Excellente source de cholestérol

Loin d’être un ennemi à fuir, le cholestérol est en réalité une molécule indispensable au bon fonctionnement de l’organisme. Tout d’abord le cholestérol est le précurseur de toutes les hormones stéroïdiennes : prégnénolone, cortisol, dhea, oestrogène, progestérone, testostérone.. sans lui pas de production hormonale possible. Il y a du cholestérol dans toutes les cellules du corps (il sert à élaborer la matrice de la cellule). La myéline contient 20% de cholestérol et la synthèse des synapses dépend essentiellement du cholestérol !! Un faible taux de cholestérol entraine une dégénérescence du système nerveux et un cholestérol bas a été associé à un risque de suicide, de comportement violent ou criminel beaucoup plus important. Les gens qui ont plus de cholestérol résistent mieux aux infections et guérissent plus rapidement. Après 60 ans un taux de cholestérol LDL élevé (soit disant le mauvais cholestérol) est associé à un risque de mortalité inférieure ! Bref le cholestérol est un médicament qu’il ne faut pas fuir d’autant plus que le cholestérol alimentaire n’augmente pas le cholestérol sanguin. Ce qui est dangereux en revanche c’est l’oxydation du cholestérol via les graisses cuites ou son oxydation dans le corps dû à un état d’inflammation chronique (alimentation industriel riche en acide gras transformé, excès de sucre, d’alcool, de cuisson à haute température, excès de fer, microbiote buccal et digestif pathogène, acide urique et CRP-us élevé etc).

✨ La meilleurs source de vitamine A et D

L’huile de foie de morue est la meilleure source de vitamine A et D. Elle vous apporte de la vitamine A sous sa forme la plus assimilable et directement utilisable par le corps. Beaucoup de monde a déjà entendu parler des nombreux bienfaits de la vitamine D (ou hormone D puisque cette vitamine agit comme une hormone stéroïdienne) mais rare sont ceux qui savent que sans la vitamine A (retinol) la vitamine D ne peut pas fonctionner. Vitamine A et D agissent main dans la main et une carence de l’une entraîne souvent un excès de l’autre et vice-verca. Des taux suffisamment élevés de rétinol (la forme active de la vitamine A) sont absolument essentiels pour conserver un système immunitaire optimal. Elle joue aussi un rôle dans la vision, la préservation de la peau et la différenciation cellulaire. La carence en vitamine A majore le risque de cancer et sans elle impossible d’avoir des muqueuses de qualité. C’est pour cette raison qu’une carence en vitamine A engendre toujours une dysbiose intestinale avec inflammation et perméabilité intestinale. De même que la malabsorption entraîne une carence en vitamine A qui finit par retentir négativement sur les muqueuses. D’autre part la vitamine A est absolument essentielle pour le métabolisme des hormones thyroïdiennes. Sans elle la T3 ne peut s’activer dans les cellules.

Il faut savoir que la carence en vitamine A est largement répandue. Les taux se trouvent souvent dans la fourchette inférieure alors qu’il faudrait viser la fourchette haute. Il faut savoir que l’on trouve un précurseur de la vitamine A dans les végétaux que l’on nomme le bêta carotène. Le bêta carotène est abondant dans les légumes colorés et on pourrait penser que cela suffise pour combler nos besoins en vitamine A. Malheureusement cela est loin d’être le cas pour plusieurs raisons. Le bêta carotène doit être converti dans les intestins en retinol (la forme active) par une enzyme : la bêta-carotène-15,15′-monoxygémase. En cas d’inflammation intestinale l’expression de cette enzyme est fortement réduite ce qui limite la conversion. Il faut savoir aussi que cette enzyme est sous dépendance de T3 thyroïdienne.. sans suffisamment de T3 la conversion du bêta carotène sera fortement ralentie. Cela explique pourquoi certains hypothyroidiens ont les paumes et plantes de pieds jaunâtres par accumulation de pigment dans les tissus. Un bêta carotène élevé associé à un rétinol bas est un signe fiable d’hypothyroïdie. Enfin il faut savoir qu’il existe un polymorphisme sur le gène qui code l’enzyme bêta-carotène-15,15′-monoxygémase ce qui a pour conséquence de réduire fortement la conversion des caroténoïdes en rétinol. Cette mutation touche environ 45% de la population. Tous ces facteurs font qu’une majorité de gens ont besoin d’un apport direct en rétinol d’origine animale…

L’huile de foie de morue apporte les quantités adéquates de vitamine A. En moyenne une cuillère à café équivaut à 3600 ui. La fondation Weston Price recommande un apport quotidien d’environ 4000 à 10000 ui (~ 1 à 2 c.c par jour). Beaucoup de gens ont peur de l’intoxication à la vitamine A. Pour atteindre ce seuil il faudrait consommer 10 fois la quantité quotidienne recommandée sur une période de plusieurs mois c’est à dire plus de 20 cuillères à café pour un adulte et 10 pour un enfant. De plus l’apport conjoint de vitamine D dans l’huile de foie de morue empêche la toxicité car les deux vitamines se régulent. Ce qui n’est pas le cas avec des compléments synthétiques de vitamine A hautement dosés (palmitate, acétate de retinyl) qui doivent être évités ou pris uniquement pour relever rapidement une carence sévère (les formes synthétiques sont souvent mal tolérés par l’organisme). Évidemment je vous conseille toujours de faire des analyses régulières pour savoir ou vous en êtes et pour ajuster la dose.

Sachez aussi que si vous vous supplémentez en vitamine D à dose élevée vous allez inévitablement faire baisser votre rétinol hépatique. C’est quelque chose que j’ai personnellement constaté sur mes analyses au fil du temps. Or comme je l’ai dit plus haut, la vitamine D ne peut pas fonctionner sans suffisamment de vitamine A. Lorsque le calcitriol (forme active de la vitamine D) pénètre la cellule il vient se fixer sur le récepteur de la vitamine D « VDR » qui s’associe au récepteur de la vitamine A « RXR » seulement s’il y a du rétinol. Lorsque c’est le cas cela active l’expression des gènes liés à la vitamine D. L’avantage incontestable de l’huile de foie de morue est de vous apporter conjointement la vitamine A et D dans les bonnes proportions.

📚 La petite histoire de Weston Price

Weston Price était un médecin dentiste des années 1930, qui entreprit de voyager pour étudier la santé des peuples, vivant loin de la civilisation moderne. En parcourant le monde, Price put étudier de nombreuses communautés : peuples indigènes d’Amérique du nord et du sud, aborigènes d’Australie, Maoris de Nouvelle-Zélande, Mélanésiens du Sud du pacifique. Ce qu’il découvrit c’est que les tribus ancestrales bénéficiaient d’une excellente santé physique et mentale, notamment :

  • Une ossature solide avec des arcades dentaires bien développées
  • Pas de caries
  • Un physique svelte et musclé
  • Une résistance accru aux maladies

En analysant leur alimentation, Price se rendit compte que leurs alimentations, contenaient des quantités très importantes de minéraux et vitamines hydrosolubles et au moins dix fois plus de vitamines liposolubles, d’origine animale (œufs, fruits de mer, beurre, graisse animale, abats) que l’alimentation occidentale. C’est donc Weston Price et les scientifiques de l’époque qui comprirent que les vitamines A, D et K (appelé anciennement facteur X) sont des facteurs indispensables pour absorber et métaboliser les minéraux. Aujourd’hui les recommandations officielles exhortent les populations à fuir tous ces précieux aliments et encouragent à consommer des huiles végétales (dénuées de vitamines liposolubles, très instables et souvent riches en oméga 6 pro-inflammatoire), margarines (contenant des acides gras trans, une catastrophe de santé) et à consommer beaucoup de céréales ,de féculent directement responsable de l’épidémie d’obésité. Ces aliments ne sont pas consommés par les communautés primitives, qui ne connaissent aucune des maladies de la civilisation moderne (obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires, cancer, auto-immunité, ostéoporose et caries)..

🔥 Comment choisir une huile de foie de morue de qualité ?

Il faut faire extrêmement attention à la qualité de l’huile de foie de morue que vous achetez. En effet de nombreux fabricants extraient leurs huiles à haute température, ce qui à pour effet de détruire les oméga 3 et la vitamine A et D. Non seulement ces huiles contiennent des acides gras et du cholestérol oxydés qui sont extrêmement néfastes pour la santé mais en plus il n’y a plus les vitamines naturelles. Cela amène les fabricants à ajouter eux-mêmes des vitamines synthétiques.

Voici les critères à prendre en compte pour une huile de foie de morue de qualité :

  • Extraction à basse température pour garder toute la fraicheur de l’huile
  • Filtrage des huiles pour garantir la pureté et l’absence des métaux lourds, PCB et autres toxines
  • La teneur suffisante en vitamine A et D
  • Certificat de faible oxydation de l’huile (que vous devez toujours garder au frigo une fois ouverte!)

Un indice fiable pour savoir si l’huile est fraiche. Le gout doit être frais, léger voir presque agréable (sans exagérer ça reste de l’huile de foie de morue).

Après de nombreuses recherches, j’ai sélectionné une huile qui répond à tous les critères cités plus haut, qui est recommandée par la fondation Weston Price. C’est la marque DROPI que j’utilise personnellement et que l’on peut facilement se procurer sur Amazon en huile ou en gélule. Personnellement je préfère la version sous forme d’huile car ça me permet de mastiquer l’huile et de l’imprégner de salive qui contient de la lipase (ce qui facilite la digestion de l’huile et l’absorption des vitamines).

 

Une cuillère à café équivaut à environ 3600 ui de vitamine A pour environ 400 ui de vitamine D. A dose d’une cuillère à café par jour le flacon dure environ un mois et demi. En terme de prix ça revient à environ 30€ par mois. Cela vaut le coup si l’on considère que ça apporte des quantités optimales d’acides gras essentiels, de vitamine A et D avec seulement une à deux cuillères à café par jours et ceux sans métaux lourds ni PCB. Sans ça il est difficile d’obtenir dans l’alimentation les quantités adéquates de rétinol surtout pour les mauvais convertisseurs de bêta carotène (hypothyroïdien, dysbiotique, mutation génétique). Personnellement je conseille une dose d’entretien d’une cuillère à café par jour qui peut être doublé voir triplé en période de fatigue / infection ou pour remonter un taux bas.


Références :

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19103647

 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22113863

 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2854912/

https://www.westonaprice.org/

 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27292972