Microbiote inflammation et dépression

Microbiote inflammation et dépression

 L’intestin est maintenant considéré comme le deuxième cerveau. Savez vous que 80% des communications se font des intestins au cerveau ? seulement 20% des connections vont donc du cerveau aux intestins. Ce constat amène la communauté scientifique à étudier de prêt l’influence du système nerveux entérique et du microbiote intestinale sur le comportement, l’humeur, l’immunité, le métabolisme. On sait maintenant que beaucoup de neurotransmetteurs et hormones sont en grande partie fabriqués dans le tube digestif. C’est le cas de la sérotonine : 95% est produite par le système nerveux entérique. La sérotonine joue un rôle important dans l’état de bien être et de relaxation. Elle permet aussi le bon fonctionnement du transit intestinale.

Les bactéries sont capables de communiquer avec le cerveau en synthétisant des neurotransmetteurs (voie nerveuse), neuropeptides (voir endocrinienne), métabolites (voie sanguine). Dans un état d’équilibre les bactéries nous aident et sont bénéfiques. Certaines synthétisent de la sérotonine, du gaba ou encore de la mélatonine. Mais lorsque le microbiote est perturbé et qu’une malabsorption s’installe certaines populations de bactéries pathogènes prolifèrent et entravent la production normale de sérotonine. C’est le cas des bactéries de la famille des firmicutes impliqués dans la production de méthane.

 

Un des moyens de mesurer la présence de certaines populations bactériennes est le test aux gaz expirés qui évalue la quantité d’hydrogène, de méthane et de methylacétate dans l’haleine. Les chercheurs se sont aperçus que les individus excréteurs de méthane souffrent significativement plus de constipation,d’anxiété et de maladies métaboliques (obésité) que les non excréteurs. Les bactéries méthanogènes sont capables d’extraire beaucoup de calories à partir des résidus non absorbés comme la cellulose, hémicellulose. Cela génère une production importante d’acide gras à courtes chaines facilement réabsorbés et stockés autours des organes (foie, pancréas, coeur, reins). Cette graisse viscérale inflammatoire favorise les maladies métaboliques : obésité, hypertension et maladies cardiovasculaires. Les bactéries méthanogènes sont des bactéries anaérobie qui vivent normalement en quantité réduite dans le côlon. En cas de malabsorption et de dysbiose (déséquilibre du microbiote) les bactéries méthanogènes sont susceptibles  de proliférer dans l’intestin grêle en libérant de grande quantité de LPS (lipopolysaccharide). Ces fragments bactériens (lps) ont la capacité de traverser la barrière intestinale (la rendant poreuse) et d’engendrer une forte stimulation immunitaire avec réaction inflammatoire. D’autre part les bactéries méthanogènes sont équipés de tryptophanase, une enzyme capable de dégrader le tryptophane (les bactéries méthanogènes en ont besoin pour se développer) . Or le tryptophane est le précurseur de la sérotonine, une carence en tryptophane induit un déficit en sérotonine et donc de l’anxiété voire de la dépression.

Ainsi certaines études montrent une baisse de la sérotonine post prandial chez les personnes qui excrètent beaucoup de méthane. C’est sûrement par ce biais que la présence de méthane est aussi corrélée à la constipation. Pour finir les fragments bactériens (LPS) issue des bactéries gram négatif induisent une perméabilité des barrières : intestinales, gingivales (parodontite) et hémato-encéphalique.

De plus en plus d’études suggèrent que le microbiote joue un rôle majeur sur la régulation de nos états émotionnels. Le microbiote régule aussi l’état inflammatoire du corps. La première chose que doivent faire les personnes atteintes de dépression, d’anxiété ou de maladies inflammatoires est de soigner leurs intestins ! Le microbiote est le carrefour de notre santé 🙂

 

Si vous souhaitez en savoir plus sur le microbiote, l’hygiène de vie au quotidien, la meilleur façon de s’alimenter c’est ici que sa se passe 😉 !

 

 

 

 

 

Le syndrome de l’intestin perméable

Le syndrome de l’intestin perméable

Connaissez vous le facteur commun à de très nombreuses pathologies de civilisation dont les maladies auto-immunes, les allergies, l’arthrose, la dépression ? Ce facteur c’est le syndrome de l’intestin perméable aussi appelé « porosité intestinale » ou encore leaky gut chez les anglophones. Cette pathologie est  liée à une altération de la barrière intestinale qui ne joue plus son rôle de barrière et devient poreuse à l’image d’une passoire.

 

L’intestin grêle a trois fonctions essentiels. Premièrement c’est lui qui termine la digestion des graisses, glucides et lipides en molécules simples. Une fois réduits en molécules simples les différents nutriments vont pouvoir traverser la barrière intestinale à travers les entérocytes (cellules intestinales). La troisième fonction de l’intestin consiste à trier les nutriments des molécules pathogènes. Ce sont les jonctions serrées qui relient les entérocytes les uns aux autres et qui assurent la régulation de la perméabilité intestinale. Dans certaines conditions pathologiques les jonctions serrées qui sont censés assurer l’étanchéité de la paroi s’ouvrent et laissent passer dans la circulation sanguine de nombreuses molécules indésirables comme les fragments bactériens (LPS),  les virus, les toxines, les métaux lourds, les peptides mal dégradés..

 

L’entrée massive de molécule étrangère dans la circulation sanguine engendre une stimulation anormale du système immunitaire avec libération de messagers pro-inflammatoires. Ce phénomène pathologique peut mener à des maladies auto-immunes, des allergies, de la dépression, de l’ostéoporose, de la fatigue, des carences. Au niveau intestinal le sujet va développer des troubles digestifs avec de nombreuses allergies alimentaires et une malabsorption des nutriments.

 

 

Quels sont les facteurs qui peuvent engendrer une porosité intestinale ?

 

  • Maladie cœliaque (intolérance vrai au gluten qui se manifeste par une destruction des entérocytes)
  • La consommation de blé et de produits laitiers est associées à une ouverture des jonctions serrées de l’intestin par l’intermédiaire de la  zonuline une molécule impliquée dans la régulation de l’ouverture des jonctions serrées qui est stimulée par le gluten (protéine du blé) et la caséine (protéine laitière).
  • Certains aliments : le poivre, les solanacées comme les piments, tomates, poivrons, aubergines, pommes de terre.
  • Consommation importante d’aliments contenants des anti-nutriments : soja, céréales complètes, légumineuses.
  • Une proliférations de bactéries anaérobies (gram négative) dans l’intestin grêle avec production massive de lipopolysaccharide (LPS).
  • Proliférations fongiques à candida albican.
  • Infections virales chroniques (herpès virus, adénovirus).
  • État de jeune : au délà de 24h de jeune l’intestin devient poreux.
  • Chimiothérapie et radiothérapie par destruction des entérocytes.
  • Ischémies intestinales par un effort sportif intense (exemple : les marathoniens) : un manque de perfusion sanguine de la paroi intestinal peut engendrer des lésions irréversibles. Lors d’un effort intense un afflux de sang massif est dérivé sur les muscles en action délaissant ainsi l’intestin.
  • Déficits en glutamine qui est le carburant des cellules intestinales. En l’absence de glutamine les entérocytes ne peuvent pas se renouveler correctement et se retrouvent atrophiés.
  • Prise d’anti-inflammatoires anti-stéroïdiens (comme l’aspirine).
  • Prise d’IPP (inhibiteurs de la pompe à protons) les antiacides comme l’oméprazole.
  • Alcool
  • Carence en vitamine D et omega 3
  • Antibiothérapie à répétition détruisant la flore commensale bénéfique.

 

 

 

Comment diagnostiquer un intestin poreux ? 

 

  • Le test aux gaz expirés (plus d’information ici) qui est un excellent reflet de la muqueuse du grêle. Le taux d’hydrogène expiré est corrélé à la porosité intestinale.
  • En clinique l’ingestion de certains sucres lactulose / mannitol ou rhamnose avec dosage urinaire dosage urinaire. (ces sucres sont normalement trop gros pour être absorbés chez une personne saine, en cas de porositée intestinale les sucres passent dans la circulation sanguine puis excrétés par l’urine)
  • Dosage sanguin des LPS (disponible chez le laboratoire barbier) un taux élevé d’endotoxines reflète un passage de LPS et donc une porositée intestinale avec proliférations de bactéries anéorobies.
  • Dosage de certains métabolites urinaires : D-arabinol ou arabinose signant une prolifération fongique de candida.

 

 

 

La prise en charge de base repose évidemment sur l’exclusion des causes évoquées plus haut et sur la mise en place d’une alimentation individualisée qui n’agresse pas les muqueuses. Elle doit être adaptée au cas par cas en fonction des capacités enzymatiques et digestifs de la personne. Il est primordial de consulter un thérapeute formé au test respiratoire car lui seule pourra cibler le régime / cure et la thérapeutique à mettre en place.

 

 

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Malheureusement beaucoup de gens atteints de trouble thyroïdien passent à côté du diagnostique mal grès l’évidence des symptômes cliniques. C’est le cas des hypothyroïdies frustes comme nous allons le voir.

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