L’huile de foie morue : le remède oublié

L’huile de foie morue : le remède oublié

💡Cela fait des milliers d’années que les humains consomment du foi animale, pour sa richesse en nutriments essentiels. Dans les pays nordiques, c’est l’huile de foie de morue fermentée qui est utilisée, depuis des centaines d’années comme fortifiant. En France, il n’y a pas si longtemps encore, l’huile de foie de morue était la star des « alicaments » et les enfants étaient obligés de consommer une cuillère à café de cette huile chaque matin. D’ailleurs il est fort probable que vos grands-parents se souvenaient de cette pratique, maintenant  tombée aux oubliettes. C’est bien dommage car comme nous allons le voir, l’huile de foie de morue est un des plus puissants alicaments existants !

De quoi se compose l’huile de foie de morue ?

✨ Contient l’ensemble de la famille des acides gras essentiels

L’huile de foie de morue contient l’ensemble de la famille des acides gras essentiels (3, 4, 6, 7, 9 et 11) sous une forme naturelle et équilibrée. Elle apporte notamment les précieux omega 3 sous une forme directement utilisable : EPA et DHA (à l’inverse des végétaux qui n’apporte qu’un précurseur, l’acide alpha linoléique). Ce sont des acides gras essentiels que le corps ne sait pas fabriquer et qui doivent être apportés par l’alimentation. Les omega 3 ont un rôle anti-inflammatoire, vasodilatateur, fluidifiant sanguin, assouplissent les membranes cellulaires, participent à la fabrication de la myéline et de certains neurotransmetteurs comme la sérotonine. Leurs bénéfices sont notamment reconnus dans la dépression (notamment post partum ), les maladies cardio-vasculaires, auto-immunes et pathologies inflammatoires.

✨ Excellente source de cholestérol

Loin d’être un ennemi à fuir, le cholestérol est en réalité une molécule indispensable au bon fonctionnement de l’organisme. Tout d’abord le cholestérol est le précurseur de toutes les hormones stéroïdiennes : prégnénolone, cortisol, dhea, oestrogène, progestérone, testostérone.. sans lui pas de production hormonale possible. Il y a du cholestérol dans toutes les cellules du corps (il sert à élaborer la matrice de la cellule). La myéline contient 20% de cholestérol et la synthèse des synapses dépend essentiellement du cholestérol !! Un faible taux de cholestérol entraine une dégénérescence du système nerveux et un cholestérol bas a été associé à un risque de suicide, de comportement violent ou criminel beaucoup plus important. Les gens qui ont plus de cholestérol résistent mieux aux infections et guérissent plus rapidement. Après 60 ans un taux de cholestérol LDL élevé (soit disant le mauvais cholestérol) est associé à un risque de mortalité inférieure ! Bref le cholestérol est un médicament qu’il ne faut pas fuir d’autant plus que le cholestérol alimentaire n’augmente pas le cholestérol sanguin. Ce qui est dangereux en revanche c’est l’oxydation du cholestérol via les graisses cuites ou son oxydation dans le corps dû à un état d’inflammation chronique (alimentation industriel riche en acide gras transformé, excès de sucre, d’alcool, de cuisson à haute température, excès de fer, microbiote buccal et digestif pathogène, acide urique et CRP-us élevé etc).

✨ La meilleurs source de vitamine A et D

L’huile de foie de morue est la meilleure source de vitamine A et D. Elle vous apporte de la vitamine A sous sa forme la plus assimilable et directement utilisable par le corps. Beaucoup de monde a déjà entendu parler des nombreux bienfaits de la vitamine D (ou hormone D puisque cette vitamine agit comme une hormone stéroïdienne) mais rare sont ceux qui savent que sans la vitamine A (retinol) la vitamine D ne peut pas fonctionner. Vitamine A et D agissent main dans la main et une carence de l’une entraîne souvent un excès de l’autre et vice-verca. Des taux suffisamment élevés de rétinol (la forme active de la vitamine A) sont absolument essentiels pour conserver un système immunitaire optimal. Elle joue aussi un rôle dans la vision, la préservation de la peau et la différenciation cellulaire. La carence en vitamine A majore le risque de cancer et sans elle impossible d’avoir des muqueuses de qualité. C’est pour cette raison qu’une carence en vitamine A engendre toujours une dysbiose intestinale avec inflammation et perméabilité intestinale. De même que la malabsorption entraîne une carence en vitamine A qui finit par retentir négativement sur les muqueuses. D’autre part la vitamine A est absolument essentielle pour le métabolisme des hormones thyroïdiennes. Sans elle la T3 ne peut s’activer dans les cellules.

Il faut savoir que la carence en vitamine A est largement répandue. Les taux se trouvent souvent dans la fourchette inférieure alors qu’il faudrait viser la fourchette haute. Il faut savoir que l’on trouve un précurseur de la vitamine A dans les végétaux que l’on nomme le bêta carotène. Le bêta carotène est abondant dans les légumes colorés et on pourrait penser que cela suffise pour combler nos besoins en vitamine A. Malheureusement cela est loin d’être le cas pour plusieurs raisons. Le bêta carotène doit être converti dans les intestins en retinol (la forme active) par une enzyme : la bêta-carotène-15,15′-monoxygémase. En cas d’inflammation intestinale l’expression de cette enzyme est fortement réduite ce qui limite la conversion. Il faut savoir aussi que cette enzyme est sous dépendance de T3 thyroïdienne.. sans suffisamment de T3 la conversion du bêta carotène sera fortement ralentie. Cela explique pourquoi certains hypothyroidiens ont les paumes et plantes de pieds jaunâtres par accumulation de pigment dans les tissus. Un bêta carotène élevé associé à un rétinol bas est un signe fiable d’hypothyroïdie. Enfin il faut savoir qu’il existe un polymorphisme sur le gène qui code l’enzyme bêta-carotène-15,15′-monoxygémase ce qui a pour conséquence de réduire fortement la conversion des caroténoïdes en rétinol. Cette mutation touche environ 45% de la population. Tous ces facteurs font qu’une majorité de gens ont besoin d’un apport direct en rétinol d’origine animale…

L’huile de foie de morue apporte les quantités adéquates de vitamine A. En moyenne une cuillère à café équivaut à 3600 ui. La fondation Weston Price recommande un apport quotidien d’environ 4000 à 10000 ui (~ 1 à 2 c.c par jour). Beaucoup de gens ont peur de l’intoxication à la vitamine A. Pour atteindre ce seuil il faudrait consommer 10 fois la quantité quotidienne recommandée sur une période de plusieurs mois c’est à dire plus de 20 cuillères à café pour un adulte et 10 pour un enfant. De plus l’apport conjoint de vitamine D dans l’huile de foie de morue empêche la toxicité car les deux vitamines se régulent. Ce qui n’est pas le cas avec des compléments synthétiques de vitamine A hautement dosés (palmitate, acétate de retinyl) qui doivent être évités ou pris uniquement pour relever rapidement une carence sévère (les formes synthétiques sont souvent mal tolérés par l’organisme). Évidemment je vous conseille toujours de faire des analyses régulières pour savoir ou vous en êtes et pour ajuster la dose.

Sachez aussi que si vous vous supplémentez en vitamine D à dose élevée vous allez inévitablement faire baisser votre rétinol hépatique. C’est quelque chose que j’ai personnellement constaté sur mes analyses au fil du temps. Or comme je l’ai dit plus haut, la vitamine D ne peut pas fonctionner sans suffisamment de vitamine A. Lorsque le calcitriol (forme active de la vitamine D) pénètre la cellule il vient se fixer sur le récepteur de la vitamine D « VDR » qui s’associe au récepteur de la vitamine A « RXR » seulement s’il y a du rétinol. Lorsque c’est le cas cela active l’expression des gènes liés à la vitamine D. L’avantage incontestable de l’huile de foie de morue est de vous apporter conjointement la vitamine A et D dans les bonnes proportions.

📚 La petite histoire de Weston Price

Weston Price était un médecin dentiste des années 1930, qui entreprit de voyager pour étudier la santé des peuples, vivant loin de la civilisation moderne. En parcourant le monde, Price put étudier de nombreuses communautés : peuples indigènes d’Amérique du nord et du sud, aborigènes d’Australie, Maoris de Nouvelle-Zélande, Mélanésiens du Sud du pacifique. Ce qu’il découvrit c’est que les tribus ancestrales bénéficiaient d’une excellente santé physique et mentale, notamment :

  • Une ossature solide avec des arcades dentaires bien développées
  • Pas de caries
  • Un physique svelte et musclé
  • Une résistance accru aux maladies

En analysant leur alimentation, Price se rendit compte que leurs alimentations, contenaient des quantités très importantes de minéraux et vitamines hydrosolubles et au moins dix fois plus de vitamines liposolubles, d’origine animale (œufs, fruits de mer, beurre, graisse animale, abats) que l’alimentation occidentale. C’est donc Weston Price et les scientifiques de l’époque qui comprirent que les vitamines A, D et K (appelé anciennement facteur X) sont des facteurs indispensables pour absorber et métaboliser les minéraux. Aujourd’hui les recommandations officielles exhortent les populations à fuir tous ces précieux aliments et encouragent à consommer des huiles végétales (dénuées de vitamines liposolubles, très instables et souvent riches en oméga 6 pro-inflammatoire), margarines (contenant des acides gras trans, une catastrophe de santé) et à consommer beaucoup de céréales ,de féculent directement responsable de l’épidémie d’obésité. Ces aliments ne sont pas consommés par les communautés primitives, qui ne connaissent aucune des maladies de la civilisation moderne (obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires, cancer, auto-immunité, ostéoporose et caries)..

🔥 Comment choisir une huile de foie de morue de qualité ?

Il faut faire extrêmement attention à la qualité de l’huile de foie de morue que vous achetez. En effet de nombreux fabricants extraient leurs huiles à haute température, ce qui à pour effet de détruire les oméga 3 et la vitamine A et D. Non seulement ces huiles contiennent des acides gras et du cholestérol oxydés qui sont extrêmement néfastes pour la santé mais en plus il n’y a plus les vitamines naturelles. Cela amène les fabricants à ajouter eux-mêmes des vitamines synthétiques.

Voici les critères à prendre en compte pour une huile de foie de morue de qualité :

  • Extraction à basse température pour garder toute la fraicheur de l’huile
  • Filtrage des huiles pour garantir la pureté et l’absence des métaux lourds, PCB et autres toxines
  • La teneur suffisante en vitamine A et D
  • Certificat de faible oxydation de l’huile (que vous devez toujours garder au frigo une fois ouverte!)

Un indice fiable pour savoir si l’huile est fraiche. Le gout doit être frais, léger voir presque agréable (sans exagérer ça reste de l’huile de foie de morue).

Après de nombreuses recherches, j’ai sélectionné une huile qui répond à tous les critères cités plus haut, qui est recommandée par la fondation Weston Price. C’est la marque DROPI que j’utilise personnellement et que l’on peut facilement se procurer sur Amazon en huile ou en gélule. Personnellement je préfère la version sous forme d’huile car ça me permet de mastiquer l’huile et de l’imprégner de salive qui contient de la lipase (ce qui facilite la digestion de l’huile et l’absorption des vitamines).

 

Une cuillère à café équivaut à environ 3600 ui de vitamine A pour environ 400 ui de vitamine D. A dose d’une cuillère à café par jour le flacon dure environ un mois et demi. En terme de prix ça revient à environ 30€ par mois. Cela vaut le coup si l’on considère que ça apporte des quantités optimales d’acides gras essentiels, de vitamine A et D avec seulement une à deux cuillères à café par jours et ceux sans métaux lourds ni PCB. Sans ça il est difficile d’obtenir dans l’alimentation les quantités adéquates de rétinol surtout pour les mauvais convertisseurs de bêta carotène (hypothyroïdien, dysbiotique, mutation génétique). Personnellement je conseille une dose d’entretien d’une cuillère à café par jour qui peut être doublé voir triplé en période de fatigue / infection ou pour remonter un taux bas.


Références :

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19103647

 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22113863

 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2854912/

https://www.westonaprice.org/

 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27292972

FUT2:Découvrez comment vos gènes influencent votre microbiote 🧬

FUT2:Découvrez comment vos gènes influencent votre microbiote 🧬

🧬 Depuis l’avènement de la métagénomique la possibilité d’étudier le microbiote via le séquençage de nos bactéries digestives, à permis de nombreuses avancées dans la compréhension de cet organe à part entière qu’est le microbiote. Nous savons aujourd’hui que notre santé est directement liée à la qualité de cet écosystème digestif et qu’une mauvaise flore est associée à de nombreux troubles tels que la dépression, les maladies auto-immunes, l’hypothyroïdie, le syndrome métabolique et maladies cardio-vasculaires, le diabète et même les cancers. Ce constat amène donc les chercheurs à comprendre les facteurs qui interviennent dans le développement d’un microbiote protecteur ou pathogène.

🧑‍🔬Récemment une équipe de chercheurs a découvert la présence d’un gène nommé FUT2 qui est impliqué dans le codage d’une enzyme permettant la fabrication d’un prébiotique: le fucosyllactose. Ce prébiotique présent en grosse quantité dans le lait maternel est un oligosaccharide qui va nourrir différentes populations de bactéries « amis » favorisant ainsi l’élaboration d’une flore riche, diversifié et protectrice. Le fucosyllactose va aussi permettre la production d’un mucus de qualité. Or comme le rappel Steven Gundry dans son livre le paradoxe des plantes l’élaboration d’une barrière digestive de qualité dépend notamment de la qualité des bactéries et du mucus qui tapisse nos muqueuses. En effet le mucus hydrate les muqueuses, piège les bactéries pathogènes et lectines des plantes, maintient une distance entre les micro-organismes et l’épithélium intestinal et sert de nourriture à nos précieuses bactéries.

Malheureusement il existe un polymorphisme sur le gène FUT2 et 20% de la population ne va pas exprimer l’enzyme qui fabrique le fucosyllactose. Pour savoir si vous être excréteur ou non excréteur il existe maintenant un test génétique simple qui nécessite simplement un échantillon de salive ou de sang (laboratoire lims-mbnext.be, ~ 59€ à faire une fois dans la vie). La conséquence de cette mutation est que les non-excréteurs auront une tendance à développer plus facilement des dysbioses (ballonnements, reflux, troubles du transit, douleurs abdominales) et maladies en lien avec un mauvais microbiote. Ces personnes auront aussi beaucoup plus de mal à se rétablir après une agression de la flore (antibiotique, IPP, huiles essentielles, argent colloidal, gastro entérite, intoxication alimentaire, alimentation industrielle, pesticide, etc)

➡️ Face à cette problématique certains laboratoires ont développé des compléments alimentaires à base de fucosyllactose pour pallier à ce déficit. Le laboratoire métagénics avec Fucodyn ou encore le laboratoire nutrixeal avec Prebiolife . Cette complémentation devra logiquement être maintenue (ou prise en cure régulière) pour continuer d’alimenter et d’enrichir les bactéries commensales bénéfiques. Il faut plusieurs mois de supplémentation pour commencer à percevoir les améliorations. Inutile de rappeler que la complémentation seule ne suffit pas et qu’il faut adopter une alimentation saine en parallèle.

Ce polymorphisme qui touche 20% de la population permet d’expliquer pourquoi certaines personnes ont plus de mal à se rétablir ou continuent de souffrir de troubles digestifs et pathologies inflammatoires mal grès les prises en charges traditionnellement utilisées en naturopathie et médecine fonctionnelle. Le point positif c’est qu’il est maintenant possible de contre balancer ce déficit par l’apport de prébiotique naturel spécifique. 😉

 

TEST : Êtes-vous concerné par l'hypothyroïdie ❓

L'huile de foie morue : le remède oublié 🐟

Microbiote inflammation et dépression

Microbiote inflammation et dépression

L’intestin est maintenant considéré comme le deuxième cerveau. Saviez-vous que 80% des communications se font des intestins au cerveau? seulement 20% des connections vont donc du cerveau aux intestins. Ce constat amène la communauté scientifique à étudier de prêt l’influence du système nerveux entérique et du microbiote intestinale sur le comportement, l’humeur, l’immunité, le métabolisme. On sait maintenant que beaucoup de neurotransmetteurs et hormones sont en grande partie fabriqués dans le tube digestif. C’est le cas de la sérotonine: 95% est produite par le système nerveux entérique. La sérotonine joue un rôle important dans l’état de bien être et de relaxation. Elle permet aussi le bon fonctionnement du transit intestinale.

Les bactéries sont capables de communiquer avec le cerveau en synthétisant des neurotransmetteurs (voie nerveuse), neuropeptides (voir endocrinienne), métabolites (voie sanguine). Dans un état d’équilibre les bactéries nous aident et sont bénéfiques. Certaines synthétisent de la sérotonine, du gaba ou encore de la mélatonine. Mais lorsque le microbiote est perturbé et qu’une malabsorption s’installe certaines populations de bactéries pathogènes prolifèrent et entravent la production normale de sérotonine. C’est le cas des bactéries de la famille des firmicutes impliqués dans la production de méthane.

 

Un des moyens de mesurer la présence de certaines populations bactériennes est le test aux gaz expirés qui évalue la quantité d’hydrogène, de méthane et de methylacétate dans l’haleine. Les chercheurs se sont aperçus que les individus excréteurs de méthane souffrent significativement plus de constipation, d’anxiété et de maladies métaboliques (obésité) que les non excréteurs. Les bactéries méthanogènes sont capables d’extraire beaucoup de calories à partir des résidus non absorbés comme la cellulose, hémicellulose. Cela génère une production importante d’acide gras à courtes chaines facilement réabsorbés et stockés autours des organes (foie, pancréas, cœur, reins). Cette graisse viscérale inflammatoire favorise les maladies métaboliques: obésité, hypertension et maladies cardiovasculaires. Les bactéries méthanogènes sont des bactéries anaérobie qui vivent normalement en quantité réduite dans le côlon. En cas de malabsorption et de dysbiose (déséquilibre du microbiote) les bactéries méthanogènes sont susceptibles de proliférer dans l’intestin grêle en libérant de grande quantité de LPS (lipopolysaccharide). Ces fragments bactériens (lps) ont la capacité de traverser la barrière intestinale (la rendant poreuse) et d’engendrer une forte stimulation immunitaire avec réaction inflammatoire. D’autre part les bactéries méthanogènes sont équipés de tryptophanase, une enzyme capable de dégrader le tryptophane (les bactéries méthanogènes en ont besoin pour se développer), or le tryptophane est le précurseur de la sérotonine, une carence en tryptophane induit un déficit en sérotonine et donc de l’anxiété voire de la dépression.

Ainsi certaines études montrent une baisse de la sérotonine post prandial chez les personnes qui excrètent beaucoup de méthane. C’est sûrement par ce biais que la présence de méthane est aussi corrélée à la constipation. Pour finir les fragments bactériens (LPS) issue des bactéries gram négatif induisent une perméabilité des barrières: intestinales, gingivales (parodontite) et hémato-encéphalique.

De plus en plus d’études suggèrent que le microbiote joue un rôle majeur sur la régulation de nos états émotionnels, le microbiote régule aussi l’état inflammatoire du corps. La première chose que doivent faire les personnes atteintes de dépression, d’anxiété ou de maladies inflammatoires est de soigner leurs intestins! Le microbiote est le carrefour de notre santé 🙂

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Le syndrome de l'intestin perméable

Faut-il arreter de manger la viande rouge?

La prolifération bactérienne intestinale de l’intestin grêle (SIBO)

La prolifération bactérienne intestinale de l’intestin grêle (SIBO)

Dans cet article nous allons parler d’une pathologie très courante que les anglais nomment  » SIBO  » pour small intestinal bacterial overgrowth ( Prolifération bactérienne de l’intestin grêle ). La SIBO se caractérise par un ensemble de symptômes que les médecins regroupent sous le terme de syndrome du colon irritable (ou colopathie fonctionnel). En réalité la majorité des personnes souffrant de le syndrome sont en fait atteint par un excès de bactérie dans l’intestin grêle voir le duodénum et l’estomac.

La prolifération bactérienne du grêle se détecte avec un teste simple ( Je vous renvoi vers mon article  » Mesures des gazes expirés et dysbiose  » )

Pour comprendre cette pathologie rappelons quelques notions de physiologie. Le premier segment du tube digestif débute par la bouche, l’estomac et le duodénum qui sont les premiers stades de la digestion. Dans un premier temps les aliments sont mastiqués et imprégnés de salive riche en enzymes débutant la digestion des amidons et des lipides. Puis les aliments se retrouvent dans l’estomac ou l’acide chlorhydrique et la pepsine découpent les protéines en peptide. L’acide chlorhydrique décontamine le bol alimentaire des bactéries et virus pathogènes. C’est une première barrière contre les agresseurs extérieurs. Un estomac sain ne contient donc pas de bactérie.  Les aliments continuent leurs chemin vers le duodénum ou sera déversé la bile et les enzymes pancréatiques pour continuer le découpage des amidons, protéines et lipides en molécules simples. L’intestin grêle est une zone d’absorption. Les entérocytes sécrètent (cellules intestinales) aussi des enzymes qui  terminent la digestion des aliments qui sont ensuite absorbés dans la circulation sanguine. L’intestin grêle est un lieu de transite rapide qui ne permet normalement aucune stagnation des aliments et donc aucune fermentation. Un intestin grêle contient physiologiquement peu de bactérie. Seule les résidus non absorbés finissent dans le colon qui contient des milliards de bactéries anaérobies. Les bactéries prennent en charge ces résidus non absorbés et produisent des gazes, de l’alcool et des acides gras à courtes chaines.

Une petite fermentation physiologique dans le colon est donc normale. Le problème arrive lorsque un excès d’aliment n’est pas absorbé. Dans cette situation les bactéries qui ont beaucoup à mangé finissent par proliférer dans l’intestin grêle. Cela engendre une flore bactérienne anaérobie dans une zone sensible. Une prolifération bactérienne dans l’intestin grêle va engendrer de nombreux symptômes plus ou moins visible pour l’individu atteint mais surtout une perturbation profonde de l’immunité sur du très long terme. En effet les bactéries forment des biofilms sur les muqueuses (associations de bactéries adhérents à une surface formant une couche visqueuse protectrice résistante aux antibiotiques). Les bactéries seront les premières à profiter des nutriments arrivant dans la lumière digestive induisant des carences. L’agression des villosités intestinales par les toxines fragments bactériens entraînent une ouverture des jonctions serrés et une perméabilité intestinale par l’intermédiaire de la zonuline (protéine régulant l’ouverture des jonctions sérrées). Les LPS gagnent alors les ganglions sous muqueux ce qui engendre une réponse immunitaire inflammatoire (qui devient chronique).

L’hyperperméabilité ne touche pas seulement l’intestin mais aussi l’ensemble des autres barrières : poumons, hémato-encéphalique (toujours à cause de la zonuline stimulé par les toxines et lps). L’inflammation d’origine digestive s’étend à l’ensemble du corps. Les barrières perméables permettent le passage de protéines non digérées (caséine, gluten), de virus, de bactéries, de levures.

Notre supériorité face aux bactéries c’est notre capacité à absorber plus vite les précieux nutriments. Lorsque des biofilms agressifs envahissent l’étage supérieur notre capacité d’absorption diminue, notre immunité s’effondre et l’inflammation chronique s’installe.

Voyons maintenant les symptômes engendrés par une prolifération anormale de bactérie :

  • Ballonnements , flatulences
  • Douleurs abdominales
  • Diarrhée
  • Constipation
  • Reflux gastro-œsophagien
  • Nausée

Voici une liste non exhaustive des possibles conséquences sur la santé :

  • Inflammation des muqueuses et porosité intestinale
  • Carences par mauvaise absorption des nutriments ( vitamine A, D, Zinc, Fer , omega 3 ect)
  • Production importante de toxines bactériennes ( LPS )
  • Perturbation hormonales
  • Stéatose hépatique par accumulation d’alcool et d’acide gras à courte chaine produit par la fermentation des sucres.
  • Allergies alimentaires et diverses
  • Perturbations immunitaires par un passage accrus de toxine, virus, peptide ( caséine, gliadine ) dans la circulation sanguine
  • Acné , eczéma, rosacée
  • Obésité
  • Dépression , anxiété
  • Migraine
  • Baisse immunitaire avec expansion virale.
  • Arthroses, tendinites..
  • Risque de maladie auto-immune
  • Risque de cancer
  • Risque cardiovasculaire

Quels sont les causes de la SIBO :

  • Alimentations non adéquates ( industriels, riche en sucres fermentescibles )
  • Infections virales chroniques par des herpes virus causant une abrasion des muqueuses et une paralysie progressive du système digestif ( ce qui engendre une mauvaise vidange gastrique, une constipation terrain idéale pour l’expansion des bactéries pathogènes.
  • Infections bactériennes ou parasitaires
  • Atteinte du système nerveux entérique et notamment le nerf vague : hypo ou hypertonie vagale
  • Hypochlorhydrie : Le manque d’acide chlorhydrique empêchera la désinfection du bol alimentaire et favorisera grandement la sibo. Les inhibiteurs de la pompe à protons ( Anti acide comme oméprazole ) diminue grandement la production d’acide, la prise à long terme de ce type de médicament entraine une modification de la composition bactérienne ( avec risque d’obésité et carence )
  • Grignotage avec suppression du complexe inter digestif migrant qui est une onde péristaltique repoussant les bactéries vers le colon et ayant une action de nettoyage des intestins.
  • Insuffisance pancréatique exocrine : Dans ce cas une grande quantités d’aliments n’est pas digéré ce qui engendre inévitablement de grosse fermentation.
  • Vieillissement de l’intestin grêle
  • Hypothyroïdie
  • Antibiothérapies fortes et répétitives
  • Utilisation excessif des huiles essentiels et de l’argent colloïdal
  • Chimiothérapie ( Qui tue toute les cellules à division rapide ce qui est le cas des entérocytes s’en suit alors une malabsorption importante )
  • Sport intense, sur entrainement 

Les incroyables bénéfices de la vitamine D ☀️

Causes et signes cliniques de l’hypothyroïdie 💫

Le régime pauvre en FODMAPs contre les troubles digestifs

Le régime pauvre en FODMAPs contre les troubles digestifs

Le régime pauvre en FODMAPs est originaire d’Australie et à été inventé par la nutritionniste Sue Shepard.  C’est une alimentation à visé thérapeutique dont l’objectif est de diminuer les fermentations intestinales liées à certaines catégories de sucres à chaines courtes faiblement absorbés et servant de nourriture aux bactéries. Ce régime apaise la majorité des patients atteints de troubles digestifs ( 75% ). Il a été  validé scientifiquement comme étant efficace.

(suite…)